Incertitudes économiques en Algérie : La 52e FIA boudée par les étrangers


La 52e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA) sera inaugurée aujourd’hui dans la discrétion par Abdelkader Bensalah, en présence des seules équipes de la Télévision et de la Radio nationales.

L’édition de cette année, qui s’étalera du 18 au 23 juin, sera marquée par la défection de nombreux pays du fait de la situation actuelle et de l’incertitude qui règne sur l’avenir économique du pays. Seuls 15 Etats ont répondu présent à l’invitation algérienne et, pour la première fois, aucun pays ne sera mis à l’honneur.

La France devait être, selon l’ancien calendrier de la foire, le pays d’honneur de cette édition, mais l’Algérie a décidé de n’accorder aucune place de faveur dans l’actuelle édition pour le moins timide et manquant de panache. Selon des indiscrétions, même la demande américaine d’être pays d’honneur n’a pas reçu l’avis favorable de la partie algérienne, qui a préféré ne pas hisser une participation par rapport à une autre cette année.

Parmi les pays présents, on compte pour l’Asie, la Chine et l’Indonésie, pour l’Europe, l’Allemagne et la France, ainsi que la Turquie, pour l’Amérique, les Etats-Unis, le Brésil et l’Argentine, pour l’Afrique, le Sénégal, le Mali et l’Afrique du Sud, pour les pays du Maghreb, la seule Tunisie et pour les pays arabes, la Syrie, le Soudan et la Jordanie, mais dont la présence est soumise au doute à cause des difficultés rencontrées par certains exposants pour l’obtention du visa algérien. Certains pays participeront en firmes et non pas en pavillons officiels, à l’instar de l’Egypte, la Tchéquie et le Pakistan.

En tout 501 entreprises, dont 133 étrangères, et 7 firmes participeront cette année à la Foire d’Alger. Une foire qui s’ouvre dans un contexte de grosses affaires de dilapidation des deniers publics et dont les principaux accusés sont des ex-Premiers ministres, membres de gouvernement et hommes d’affaires.

Ce qui était qualifié d’événement économique et commercial de premier ordre en Algérie perd, année après année, de sa superbe. Si la situation qui prévaut depuis le 22 février est présentée comme la principale raison de ces défections, il est utile de noter que la Foire internationale d’Alger attire de moins en moins les pays étrangers depuis déjà quelques années. L’édition de 2018 n’avait attiré que 26 pays et 271 entreprises étrangères, contre 34 pays et 494 entreprises étrangères en 2017, et 33 pays et 405 entreprises étrangères en 2016.

La gestion aventureuse et sans vision de l’économie nationale depuis de longues années a fini par désarmer toutes les volontés de construire des partenariats durables. Même les entreprises nationales sont de moins en moins présentes à la FIA.

Elles étaient 536 en 2017, 405 en 2016 et 368 en 2019. Depuis un certains nombre d’années, les entreprises préfèrent les salons spécialisés à la grande foire commerciale, qui revêt plus un caractère politique qu’économique.

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