Algérie

Immigration en France : augmentation des titres de séjour en 2025, sauf Algériens.

En 2025, la délivrance de titres de séjour en France a bondi de 11,2 % pour atteindre plus de 384 000 unités, tandis que les régularisations chutaient de 10,1 %. Au 31 décembre 2025, les Algériens occupent toujours la première place des ressortissants étrangers (hors Union européenne) résidant en France, avec plus de 658 000 titres de séjour valides, ayant augmenté de 1,3 % en un an.


Les données concernant l’immigration en France pour 2025, rapportées mardi par le ministère de l’Intérieur, illustrent une situation paradoxale : une hausse globale des titres de séjour délivrés, parallèlement à un renforcement des régularisations et une diminution des admissions pour les ressortissants algériens.

La France a enregistré 28 610 régularisations d’étrangers. Ce chiffre s’inscrit dans un cadre de restrictions législatives, marqué par l’application dès le début de l’année de la circulaire de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui vise à durcir les conditions d’accès aux titres de séjour.

L’année précédente, les expulsions d’étrangers ont augmenté de près de 16 %, atteignant 24 985, selon la DGEF. En revanche, l’asile connaît une relative tranquillité avec une baisse de 3,7 % des demandes (environ 151 600), majoritairement en provenance d’Ukraine, de la RDC et d’Afghanistan, un effet également lié à la circulaire de Retailleau.

En 2025, la délivrance de titres de séjour en France a augmenté de 11,2 %, dépassant les 384 000 unités, tandis que les régularisations ont diminué de 10,1 %. Cette hausse générale masque cependant des disparités : le nombre de premiers titres accordés aux Algériens a chuté de 4,6 %, totalisant 28 000 titres.

Malgré cette baisse, la présence des Algériens dans la démographie étrangère en France reste significative. Avec 28 000 premiers titres délivrés, l’Algérie demeure le deuxième pays bénéficiaire, juste derrière le Maroc (36 100 titres).

L’immigration algérienne se distingue par une forte composante familiale, celle-ci représentant 52,8 % des nouveaux titres délivrés. De plus, de nombreux Algériens déjà présents sur le territoire français tendent à s’y établir durablement. En 2025, les renouvellements de papiers ont cru de 2,4 %, atteignant plus de 129 000 demandes, avec près d’un tiers de ces renouvellements classés sous le motif « Divers ».

Au 31 décembre 2025, les Algériens continuent de figurer en tête des ressortissants étrangers (hors Union européenne) résidant en France, avec plus de 658 000 titres de séjour valides, enregistrant une légère augmentation de 1,3 % en un an. Ils surpassent ainsi les Marocains (621 175) et les Tunisiens (312 463), dont le nombre augmente également.

La situation des Algériens est particulière, car la grande majorité d’entre eux (plus de 616 000) détient un « certificat de résidence ».

Les statistiques du ministère de l’Intérieur mettent également en avant une intensification des contrôles et des mesures d’éloignement en 2025. Les interpellations d’étrangers en situation irrégulière ont bondi de 30 % en un an, surtout parmi les ressortissants du Maghreb, avec une augmentation de 52 % pour les Algériens, 33 % pour les Tunisiens et 19 % pour les Marocains.

En parallèle, les renvois effectifs ont également considérablement augmenté. Au total, 24 985 étrangers ont été éloignés du territoire, soit une hausse de 15,7 %. Pour les éloignements forcés, le chiffre grimpe de 21 % pour atteindre 15 569 procédures exécutées, reflétant une application plus stricte des mesures d’expulsion.