Ils ont organisé leur 11e sit-in devant le siège de l’EPTV : Les journalistes dénoncent des «menaces» à l’exercice de la profession


Les journalistes de la Télévision nationale ne s’avouent pas vaincus. Une vingtaine de travailleurs du média public, auxquels se sont joints des journalistes, des artistes et des militants de la société civile, ont organisé, hier, un rassemblement devant le siège de l’établissement.

«Notre but est de libérer la parole, rendre la télévision au peuple à travers un véritable service public», résume Abdelmadjid Benkaci, membre du Collectif des professionnels de l’audiovisuel, dans un post sur sa page Facebook, à la veille du 11e sit-in des salariés de la Télévision publique.

Des slogans hostiles à la libre expression dans l’immeuble du 21, boulevard des Martyrs ont été scandés par les manifestants. «Nous serons là tous les lundis, nous ne nous n’arrêterons pas», «Presse libre et démocratique», «Libérez la parole», «Algérie libre et démocratique», «La Télévision est le symbole de souveraineté, elle n’est pas la propriété des gouvernements», ont repris en chœur les protestataires.

Un dispositif sécuritaire impressionnant, déployé devant le portail de l’établissement, empêchait les manifestants d’occuper la rue. Le mouvement populaire n’a guère permis l’ouverture souhaitée des médias publics (EPTV, Radio nationale). Si des changements ont été opérés à la tête de ces établissements, avec l’arrivée de nouveaux cadres, à l’instar de Lotfi Cheriet, les programmes sont restés marqués par les habitudes anciennes d’un média fermé. Pis, des salariés (journalistes, présentateurs, techniciens…) ont été sanctionnés pour leur implication dans la contestation populaire.

Dans la matinée, le Collectif des professionnels de l’audiovisuel de l’EPTV a rendu public un communiqué dénonçant «des intimidations et des menaces» à l’exercice de la profession. «Après les sanctions subies par certains membres du Collectif des professionnels de l’audiovisuel de l’EPTV voilà qu’une autre forme d’intimidation, des menaces à peine voilées, en direction cette fois de journalistes, se profile à l’horizon sous forme de posts sur les réseaux sociaux, et ce, à la veille du sit-in que tient tous les lundis le Collectif, né le 27 février 2019 et auquel ont adhéré plus de 300 professionnels de la Télévision publique», s’indignent les rédacteurs du texte rendu public le jour du rassemblement.

«Pas d’atteinte à notre réputation»

Pour les rédacteurs du communiqué, l’objectif du mouvement de protestation à l’origine de l’initiative «était et reste jusqu’à présent la défense d’un service réellement public au sein de la Télévision publique, dans le cadre de notre métier» de journaliste. «Nous n’avons jamais dépassé, dans le cadre de notre action collective, nos missions de journalistes impartiaux et sans aucun parti pris. Notre unique combat est de défendre, en toute objectivité, une Algérie républicaine, dans le respect absolu de toutes ses institutions.

Et nous nous inscrivons jusqu’à la date d’aujourd’hui, dans la même démarche, une action que nous avons menée dans la transparence totale à travers nos sorties médiatiques, au vu et au su de tout le monde», poursuivent les membres du Collectif.

Calomniés par des individus malveillants, les protestataires dénoncent «toute allégation mensongère visant à nuire à notre réputation et à nous attribuer des desseins qui ne sont pas les nôtres en vue d’affaiblir notre combat pour la liberté d’expression et contre la censure».

Loin de se résigner à baisser les bras, les travailleurs réitèrent leur volonté de continuer à défendre la profession, dans un cadre légal et pour un droit à l’information consacré par la Constitution. «Nous faisons nôtre toute initiative constructive venant de personnes honnêtes qui luttent pour une Algérie plurielle, libre et indépendante. Nous respectons toutes les institutions, notamment celles qui tentent de sortir le pays de la crise dans laquelle les forces anticonstitutionnelles l’ont plongé», concluent les rédacteurs du texte rendu public. 

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