Ils ont observé, hier, un rassemblement devant le siège de l’UGTA : Des syndicalistes de l’ETRHB réclament le versement des salaires impayés


Plusieurs dizaines de représentants syndicaux UGTA du groupe ETRHB-Haddad ont observé, hier, un rassemblement devant le siège de l’UGTA pour réclamer à nouveau le versement des salaires impayés depuis plusieurs mois et la «pérennisation» de l’outil de production, dont l’avenir demeure incertain.

«Notre principale et urgente revendication, c’est le versement des arriérés de salaires. Nous n’avons pas perçu de salaires depuis le mois de juin passé», a affirmé Boutaghou Mohamed, salarié et représentant syndical des travailleurs du groupe, dans une déclaration à El Watan. Environ 5400 salariés directs et 14 000 employés indirects du groupe privé sont concernés.

Outre le versement des salaires, les protestataires revendiquent la «pérennisation» du groupe privé, appartenant à l’homme d’affaires Ali Haddad, actuellement en détention. «Nous nous inquiétons pour le devenir de notre outil de production. Au-delà du versement des salaires, nous demandons la pérennité de l’outil de production sous n’importe quelle forme que les pouvoirs politiques et judiciaires décideront», a insisté notre interlocuteur. En organisant leur sit-in devant le siège de l’UGTA, les représentants syndicaux du groupe ETRHB-Haddad, issus de la région Centre du pays, espéreraient avoir des réponses de la part de leur tutelle syndicale. Mais leurs espoirs ont été douchés par l’UGTA elle-même. «L’UGTA n’a rien fait pour répondre à nos revendications. Hier, nous avions nos représentants qui étaient en réunion avec des cadres de moindre envergure de la centrale syndicale. Nous avons réclamé la venue du SG de l’UGTA, mais il n’est pas venu», a déploré Boutaghou Mohamed.

Les ennuis et les inquiétudes des travailleurs du groupe ETRHB ont commencé après l’incarcération de son patron, Ali Haddad, alors que l’installation d’un administrateur judiciaire à la tête de l’entreprise n’a fait qu’empirer la situation, déjà critique. «Le pourrissement de la situation a débuté le jour de l’installation de l’administrateur, Roumili Larbi. Nous avons été paralysés par cet administrateur qui n’est jamais venu au niveau de notre direction. Nous l’avons sollicité à plusieurs reprises pour tenir une réunion avec les cadres et les salariés de l’entreprise, il ne l’a pas fait. Il pilote l’entreprise d’une manière aventurière. Il est censé nous sauver. Malheureusement, c’est lui qui nous a enfoncés davantage», a dénoncé Boutaghou Mohamed.

Les travailleurs s’inquiètent également de l’avenir de l’entreprise, dont la situation ne cesse de se dégrader. Ce représentant syndical a dénoncé un «acharnement» des pourvois publics, qui ont émis une instruction ordonnant la fermeture de certains sites, dont la base vie à Douéra. Il a aussi évoqué des résiliations de plusieurs contrats qui étaient attribués à l’ETRHB, dont le projet de réalisation de la piste de l’aéroport d’Alger et le marché relatif à la mise en place du réseau de distribution d’eau à partir du barrage de Kef Eddir. Les représentants syndicaux du groupe, qui ont déjà saisi, en vain, le ministère de la Justice, le Premier ministre et le président de la République, devraient rencontrer, aujourd’hui, le juge d’instruction près la 5e chambre criminelle du tribunal de Sidi M’hamed pour lui présenter un «plan d’action», à sa demande. «Avec le pouvoir judiciaire, nous n’espérons rien. La décision est plutôt politique. Nous sollicitons à nouveau le président de la République, car nous savons que le Premier ministre ne peut rien faire» pour le dénouement de la situation, a expliqué notre vis-à-vis. Et si le mutisme des officiels continue, ils comptent recourir à d’«autres moyens» pour défendre leurs droits. Ces dernières semaines, les travailleurs de l’ETRHB ont multiplié les actions de contestation, espérant aboutir au règlement de leur situation suspendue depuis des mois.

Mercredi dernier, ils ont tenu un rassemblement devant le tribunal Sidi M’hamed pour réclamer de la justice d’intercéder auprès de l’administrateur de l’entreprise afin de régulariser leurs salaires impayés. Auparavant, ils ont manifesté sur des axes routiers au niveau de différents sites et projets appartenant au groupe. Dans une lettre adressée au président Tebboune, ils ont lancé aussi un «appel de détresse» quant à la situation économique «désastreuse» dans laquelle se trouve le groupe privé.  

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