Il devait animer une conférence-débat : Mustapha Bouchachi interdit d’accès à l’université de Blida


Enième atteinte à la liberté d’expression ! Le célèbre avocat et défenseur des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi, a été empêché, hier, d’accéder à l’université Saad Dahlab de Blida, où il devait animer une conférence-débat.

Dans un message publié sur sa page Facebook, Mustapha Bouchachi s’est excusé auprès des étudiants de l’université de Blida de ne pas pouvoir animer la conférence, programmée lundi à 10h (hier, ndlr), en raison de son empêchement d’y accéder par les responsables de l’université. «J’adresse un salut particulier aux étudiants de l’université de Blida, notamment ceux de la faculté des sciences de la nature et de la vie pour leurs efforts consentis afin d’organiser et programmer cette conférence», a écrit Mustapha Bouchachi, l’une des figures du mouvement populaire.

La décision du rectorat de l’université de Blida, vertement condamnée sur les réseaux sociaux, n’a pas manqué de susciter l’incompréhension. Depuis le début du mouvement de contestation le 22 février, l’ex-président de la Ligue des droits de l’homme a animé des conférences au niveau d’universités à la demande de coordinations étudiantes, sans qu’il soit empêché.

Le régime algérien, sous pression du mouvement de contestation qui a obtenu le 2 avril la démission de Bouteflika, montre de plus en plus de signes de nervosité. Samedi dernier, des militantes du Mouvement social et démocratique (MDS) et de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), interpellées à la Grande-Poste puis relâchées dimanche à 1h du matin, ont été obligées de se dénuder pour subir une fouille au commissariat de Baraki où elles étaient retenues.

L’affaire a suscité une large condamnation. Vendredi dernier, les forces de l’ordre ont tiré des balles en caoutchouc et usé de gaz lacrymogènes pour disperser une foule pacifique. Des partis et des militants associatifs n’ont pas manqué de dénoncer la répression de la marche de vendredi et l’usage par les forces antiémeute de jets d’eau, gaz lacrymogènes et même de balles en caoutchouc.

La semaine passée, les forces de police ont empêché plusieurs rassemblements et réprimé une manifestation d’étudiants, à l’aide de canons à eau et à son – plusieurs jeunes protestataires ont été arrêtés, avant d’être relâchés en fin de journée.

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