Hausse des prix de la viande blanche : Les explications du CNIFA


Après plusieurs semaines de prix relativement bas, les prix de la viande blanche ont encore une fois augmenté. Une perturbation dans le niveau de la production en serait la cause. Ne connaissant jamais de stabilité constante, les prix de la volaille suivent une courbe ascendante pouvant atteindre les 360 DA et plus.

Dans certaines régions, le prix de la viande blanche a atteint les 400 DA. Une hausse qui met à mal le pouvoir d’achat des citoyens secoué par la pandémie de coronavirus. «Il faut savoir que les prix entre 280 et 300 DA sont des normatifs. Les prix pratiqués avant était en dessous du coût réel de l’élevage avicole.

Donc cette légère hausse n’est qu’une remise à niveau des prix», déclare M. El Moumen Kali, président du Conseil national interprofessionnel de la filière aviculture (Cnifa), qui considère que l’attitude du consommateur quant à cette hausse évidente est normale étant donné qu’il consommait un poulet à 200 et 220 DA le kilo.

Un prix qui, selon notre interlocuteur, ne couvre pas les dépenses des éleveurs. «Le prix de revient exact est à 180 DA chez l’aviculteur. Prenant en considération l’abattage et autres circuits avant l’arrivée au consommateur, le prix avoisine les 280 DA facilement. La prix pratiqués avant étaient dus à une surproduction. Aujourd’hui, suite aux pertes, plusieurs éleveurs ont refusé de lancer une nouvelle production.

C’est la raison pour laquelle la production à chuté de 30% menant à cette légère hausse», explique M. Kali, qui rappelle que le Cnifa avait déjà annoncé cette hausse pour la 2e quinzaine du mois de Ramadhan. «Au-delà de 300 à 320 DA, les prix sont abusifs», ajoute-t-il.

Concernant la réorganisation de la filière, le Cnifa a tenu une réunion avec le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Cherif Omari, afin de mettre à exécution, dès l’Aïd El Fitr, le plan de restructuration, finalisé il y a quelques mois.

Lors de cette rencontre, tenue ce samedi, il a été décidé de limiter les importations, essentiellement le poussin repro pour éviter la surproduction. Il a été également décidé d’entamer le recensement des intervenants dans cette filière en vue de constituer un répertoire numérisé. Il est à savoir qu’en collaboration avec l’Office national des aliments du bétail (ONAB), il a été mis sur le marché 57 000 quintaux de poulet congelé.

Ce dernier est cédé à 250 da/kilo afin de casser les prix et combler le manque en ce produit prisé par les petites bourses. L’ONAB a créé 51 points de vente dans 23 wilayas à travers le pays, afin de généraliser ces opérations de vente.

Il est important de signaler que la filière avicole en Algérie est dominée par les élevages traditionnels et l’informel. Ces facteurs ainsi que l’absence de prévisions et le prix élevé de l’aliment sont derrière ces perturbations récurrentes dans les prix de la viande blanche, d’où le lancement et l’importance de ce plan de restructuration de la filière.

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