Guelma, Bordj Bou Arréridj, Jijel : «Libérez les détenus d’opinion !»


Les hirakistes guelmis ont scandé de longues minutes «Ya lil âr ya lil âr, el assima taht el hissaar !» (Quelle honte, la capitale sous le blocus), un slogan d’actualité, répété hier, à qui voulait l’entendre, puisqu’il dénonce l’étau ordonné autour de la capitale en ce 31e vendredi de manifestation pacifique.

Bien évidement, les personnes emprisonnées pour des délits d’opinion ne sont pas en reste puisque leur situation a été elle aussi dénoncée : «Libérez les prisonniers d’opinion.» La foule a fait un ultime tour sur la principale artère du centre-ville, avant de se diriger vers la place du 19 Mars puis emprunter l’avenue Azeddine Zaïmia et s’arrêter aux portes du siège de la wilaya. «Le pouvoir en place se cherche une légitimité et plus avec des élections illégitimes. Quelle audace !» disent les uns. «Visiblement, ils sont au bout du rouleau ! Que vont-ils inventer encore pour se maintenir malgré le fiasco annoncé de l’élection présidentielle ?» répliquent d’autres.

A Bordj Bou Arréridj, les manifestants étaient dans le même état d’esprit que ceux de Guelma. Entre deux slogans, il inséraient «Libérez la capitale !» qui revenait tout au long de la marche d’hier. Des centaines de voix s’élevaient pour manifester leur refus des élections organisées par le «système» jugées «truquées et perdues d’avance».   «Le peuple veut la chute de Gaïd» : ce slogan scandé par les manifestants – dont le nombre n’avait rien à envier à ceux des mois de mars et avril derniers – lors de la 31e marche à Jijel, revenait tel un leitmotiv tout au long de l’habituel parcours de près de 6 km. Pour beaucoup, cette très forte mobilisation témoigne sans conteste que le mur de la peur est tombé.

Parmi les slogans hostiles au pouvoir en place et au chef d’état-major, on entendait «Pouvoir assassin», «Barakat des discours des casernes», «Ramenez le BRI, ramenez les forces spéciales, on ne votera pas dans ces conditions». D’autres appelaient à la libération des détenus politiques : «Libérez nos enfants et arrêtez ceux de Gaïd», «Olé, Ola, emmenez-nous tous en prison !», «On a éliminé la brouette, il nous reste la casquette !». 

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