Algérie

Grève illimitée des transporteurs : le ministère discute du Code de la route.

Depuis le 1er janvier, un mouvement de débrayage massif paralyse le transport de voyageurs et de marchandises dans plusieurs wilayas du pays. Le gasoil passe à 31 DA (contre 29,1 DA), l’essence sans plomb à 47 DA et le GPL-c à 12 DA.

Depuis le 1er janvier, un vaste mouvement de débrayage perturbe le transport de passagers et de marchandises dans plusieurs wilayas du pays. Entre la hausse inattendue des prix du carburant à la pompe et le renforcement drastique des sanctions routières, les professionnels du secteur crient à l’asphyxie économique.

En effet, le constat est sans appel depuis hier matin : gares routières désertes, camions de marchandises à l’arrêt et stations de taxis vides. Ce mouvement de grève illimitée, lancé par les chauffeurs de poids lourds et de bus, a eu un impact majeur sur le quotidien des citoyens dès le premier jour de l’année.

La paralysie ne concerne pas seulement les déplacements ; elle affecte également l’approvisionnement. Des scènes d’encombrements inhabituels ont été observées dans plusieurs stations-service, la population craignant une rupture de stock généralisée, d’autant que les transporteurs de carburant ont également rejoint le mouvement.

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Deux facteurs principaux ont déclenché la crise :

  • La hausse des prix des carburants : En vigueur depuis le 1er janvier 2026, cette augmentation affecte directement les coûts d’exploitation des professionnels. Le gasoil est désormais à 31 DA (contre 29,1 DA), l’essence sans plomb à 47 DA et le GPL-c à 12 DA.
  • Le nouveau Code de la route : Adopté par l’APN le 24 décembre dernier, ce texte est jugé « déconnecté des réalités » par les syndicats. Bien qu’il vise une sécurité routière durable selon le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, les chauffeurs le perçoivent comme un arsenal répressif qui leur impose l’entière responsabilité juridique, sans prendre en compte l’état des infrastructures.

Le nouveau cadre législatif introduit des mesures très strictes, classifiant les infractions en quatre niveaux avec des amendes allant de 4 000 à 15 000 DA.

Grève des transporteurs : Réunion d’urgence au ministère pour désamorcer la crise

Face à l’urgence, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et des Transports a réagi ce vendredi 2 janvier. Une réunion de concertation a été dirigée par le Secrétaire Général du ministère, sur ordre de Saïd Sayoud.

Le gouvernement tente de calmer les tensions en précisant que le projet de loi est encore en phase « d’enrichissement » et que les propositions des partenaires sociaux seront prises en compte. Par ailleurs, le dossier sensible des tarifs de transport a été officiellement ouvert pour tenter de trouver un équilibre entre la viabilité des entreprises et le pouvoir d’achat des citoyens.

Les grandes centrales syndicales (UGTA, UGCAA) appellent à présent à la retenue. L’enjeu immédiat concerne la rentrée scolaire prévue ce dimanche 4 janvier 2026. Le Syndicat National des Transporteurs par Taxi (SNTT) a déjà appelé ses membres à maintenir le service pour ne pas pénaliser les élèves.

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« Le dialogue sérieux est le seul moyen de garantir les droits des professionnels tout en préservant la stabilité », a indiqué le communiqué de l’UGCAA. Reste à déterminer si ces promesses de dialogue suffiront à ramener sur la route les milliers de transporteurs en colère d’ici dimanche.