Forte mobilisation à Bouira


Contrairement aux deux derniers vendredis, des milliers de personnes ont manifesté hier au chef-lieu de la wilaya de Bouira. La mobilisation citoyenne, qui avait un peu faibli à cause de la sévère canicule et des feux de forêt qui ont sévi depuis le début de ce mois d’août, a finalement retrouvée ses forces.

Hommes, femmes, jeunes et vieux, venus des différentes communes de la wilaya, ont réitéré leur attachement aux revendications de changement radical du système. Sans cela, la mobilisation ne fera que se renforcer davantage, promettent les manifestants. «La rentrée sociale approche. Il y aura encore plus de monde lors des marches. Nous n’allons pas baisser les bras jusqu’à ce que la nouvelle République à laquelle nous aspirons soit une réalité», a affirmé un jeune marcheur.

Les mêmes slogans antipouvoir ont été scandés. Sauf qu’hier, c’était celui appelant à la désobéissance civile qui a été répété à moult reprises. «Elle arrive, elle arrive, la désobéissance civile arrive !» a-t-on entendu. «Les manœuvres et les ruses de ce pouvoir ne passeront jamais. Nous les connaissons par cœur et ce depuis 1962, date de l’indépendance confisquée», a déclaré un autre manifestant. Le maintien de Bensalah et du gouvernement Bedoui a été dénoncé à travers une chanson qu’ont répétée en chœur les jeunes, et dont la traduction approximative est : «Depuis 20 ans que nous souffrons et Gaïd Salah veut nous imposer Bensalah et Bedoui pour mieux frauder. Or, vous allez tous partir et nous allons appliquer l’article 7.» En outre, et comme il fallait s’y attendre, le panel de dialogue a été vivement critiqué. Son coordinateur, Karim Younès, et avec lui le chef d’état-major ont été fustigés. «Nous réclamons leur arrestation et non pas de dialoguer avec eux. Il sont parmi les membres d’el îssaba», lit-on sur une pancarte.

Quant aux slogans de «Doula madania machi âskaria !» (Pour un Etat civil et non militaire), «Y en a marre des généraux !» suivis de «Li hab lâaskar iroh l’masar !» (Celui qui veut une dictature militaire n’a qu’à aller vivre en Egypte), ont fusé de partout. Autour d’un emblème national géant porté par les marcheurs, des voix se sont élevées pour dire : «Echâab yourid el istiklal !» (Le peuple veut son indépendance). Ce n’est que vers 16h que les manifestants ont commencé à se disperser dans le calme.

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