Fermeture de plusieurs administrations et corps constitués contaminés à Annaba


Ce n’est plus une question de foyers de contamination dans la wilaya de Annaba, mais c’est toute la wilaya qui est concernée. Malheureusement, la situation est plus grave que celle annoncée dans les journaux télévisés».

Choquante, cette déclaration émane du directeur de la santé de la wilaya de Annaba, le Dr Damèche, le mieux placé pour avancer ce constat amer qui concerne toutes les cités et communes de la wilaya.

La fermeture, la semaine dernière de la plus importante agence des postes et télécommunication (PT) de la cité «La colonne» et de plusieurs antennes d’APC dont celle de l’état civil de la cité FLN (Champ de Mars) pour cause de contamination de leur personnel par le coronavirus justifie le pessimisme du directeur de la santé.

Pis, même les corps constitués à Annaba n’ont pas été épargnés par ce fléau viral, où plusieurs groupes ont été placés en quatorzaine chez eux puisque les structures sanitaires sont saturées. Il en est ainsi du personnel pénitentiaire, de la Protection civile et même de la sûreté de wilaya.

Mais comment la wilaya de Annaba en est arrivée à cette grave situation qui risque de devenir non maîtrisable ? «C’est le déconfinement et l’incivisme caractérisé des citoyens», réplique le Dr Damèche.

Face à cette situation dramatique, un autre médecin infectiologue plaide pour une probable vision : «A mon avis, la seule explication à cette situation est que les pouvoirs publics visent une immunité collective dont les dommages collatéraux sont les sujets fragiles. C’est-à-dire les malades âgés et chroniques qui ne résisteront pas à la pandémie du nouveau coronavirus».

Plausible, cette probabilité l’est à plus d’un titre puisque les marchés informels de fruits et légumes et autres produits de ménage, vecteurs de transmission incontestés, pullulent à Annaba dans l’impunité totale.

Ils sont en nombre impressionnant face au cinéma Olympia en plein centre-ville, dans les cités Beni Mhafeur, la Plaine Ouest, Oued Deheb, Oued Forcha, Hay El Abtal, Pont Blanc, etc. Interrogés sur les risques de contamination au nouveau coronavirus, les vendeurs sont unanimes quant l’inexistence de cette pandémie.

D’autres adressent un doigt accusateur vers la négligence des autorités locales dans la gestion du transport où les taxis, bien qu’ils ne soient pas autorisés à exercer sans les mesures préalables de sécurité, activent librement à Annaba.

Covid-19, dites-vous ?

Mieux, ils occupent les stations habituelles de départ avec un numéro de service barré. «Croyez-vous à la pandémie Covid-19 ? Moi, tout autant que les autres, nous ne croyons pas à cette nouvelle maladie. Ceux qui meurent sont des personnes âgées en fin de vie.

Même le décompte officiel présenté à la télévision est normal par rapport au nombre de la population. Naturellement, il y a toujours eu des morts. La seule différence est qu’on a médiatisé ces morts alors qu’avant ils n’y étaient pas».

Dans les hôpitaux relevant du CHU Annaba ou les EPH dépendant de la direction de la santé, les extensions des services Covid-19 ne cessent pas. «A cela il faut ajouter la saturation du personnel médical à qui je rends un hommage solennel de par les efforts consentis pour la prise en charge des malades.

En cette période de grandes chaleurs, ils n’hésitent pas à mettre les combinaisons de protection, souffrant ainsi d’une incommodité indescriptible. Pire encore, ils sont quotidiennement agressés par les citoyens», indique le directeur de la santé.

Le service de médecine interne, sous la chefferie de la Pr Boukhris a été transformé en espace Covid-19.  Bien que réduit, son personnel a été scindé en deux équipes pour assurer la continuité du suivi des malades chroniques et surtout ceux contaminés à la Covid-19.

Hier, l’un des médecins, le plus respecté dans la wilaya de Annaba, le Dr Benmerzouga en l’occurrence, a succombé au coronavirus. Il était en exercice dans son cabinet avant d’être contaminé. Il a été enterré en fin d’après-midi sans présence familiale. 

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