Farouk Benklikha. Directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU) : «Nos agents n’ont rien à se reprocher»


Assil Belalta, 22 ans et étudiant en 3e année de médecine, a été assassiné, dimanche soir, dans sa chambre à la cité universitaire Taleb Abderrahmane 2, à Ben Aknoun (Alger). de nombreuses voix se sont élevées, notamment parmi les étudiants et des organisations estudiantines, pour dénoncer des «défaillances» dans le dispositif sécuritaire.

Dans cet entretien, le directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), Farouk Benklikha, apporte ses précisions concernant le crime et l’environnement dans les cités U.

Que s’est-il réellement passé à la cité universitaire Taleb Abderrahmane 2 ?

Un étudiant a été assassiné. L’information est déjà connue. Toutefois, le présumé coupable, qui est également un étudiant, est entré en compagnie de la victime dans sa voiture. Les agents de sécurité ont soupçonné une chose inhabituelle après que le présumé auteur ait voulu sortir de la cité U avec le véhicule de la victime.

Ils lui ont interdit de quitter l’enceinte de l’établissement, tant que le propriétaire du véhicule n’aura pas donné son accord. Ils lui ont demandé de l’appeler ou de le faire venir pour donner son aval.

Coincé, il a pris la fuite. Les agents, qui ne pensaient pas à un crime, sont partis s’enquérir de ce qui se passe et ont fait la terrible découverte. Il faut savoir qu’il n’y a aucun texte qui interdit aux étudiants de ramener des invités.

Il leur est juste demandé de signaler leurs noms aux agents pour qu’ils puissent entrer sans difficulté. Il faut savoir également que le présumé accusé n’est pas à sa 1re venue à la résidence universitaire. Il a l’habitude d’accompagner la victime à sa chambre sans aucun problème. Nos agents n’ont rien à se reprocher.

Les résidents évoquent une défaillance dans le système de sécurité. Qu’en dites-vous ?

Les agents ont pour mission d’assurer la sécurité des résidents dans les lieux communs et de regroupement au sein de la cité U. Chose quasiment impossible à l’intérieur des chambres, étant donné qu’il s’agit de personnes adultes et que cela relève de leur intimité. S’il y a bien quelqu’un qui aurait pu découvrir le crime ou au moins s’en douter, ce sont les résidents des chambres voisines. Ces derniers n’ont rien entendu de particulier.

Comment l’auteur du crime a procédé ? Quelles sont les causes et les circonstances ? Seule l’enquête peut apporter ce type de détails. Pour la sécurité, nous insistons sur un point important : sur les centaines de résidences du territoire national, il n’y a pas eu de crime pareil.

Les quelques cas enregistrés restent des cas isolés. Il faut savoir également que n’était l’éveil des agents, personne n’aurait découvert le crime et le présumé criminel serait sorti de l’établissement sans être inquiété. Les agents ne peuvent pas tout surveiller.

Dans cette cité, comme dans les autres sur le territoire national, il y a plusieurs chambres et des milliers d’étudiants. Certes, il y a toujours des défaillances que nous essayons de corriger au fur et à mesure que nous les découvrons.

Selon certaines déclarations des étudiants, qu’en est-il des personnes, voire des familles entières, extra à la famille universitaire qui résident depuis des années dans les cités U ?

Oui, il existe des familles qui résident dans les cités universitaires, mais dans des logements de fonction. Moi-même, je réside avec ma famille dans une cité universitaire de Koléa, dans la wilaya de Tipasa. La présence de familles de cadres n’a jamais posé problème. Sinon, il n’y a pas de personnes extra du secteur qui y résident.

Quelles sont les dispositions prises actuellement pour rassurer les étudiants et leurs parents ?

Pour le moment, nous avons renforcé encore plus le dispositif de sécurité, bien qu’il ne soit pas remis en cause, vu que dans cette affaire, le présumé accusé est entré avec la victime. Nous tenons à rassurer les parents et les étudiants quant à la sécurité des établissements. Le pavillon en question n’a pas été fermé, sauf la chambre. Après la finalisation de l’enquête, elle sera réaménagée et rouverte.

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