Exploitation du gaz de schiste : Le président Tebboune clarifie sa position


Je n’ai jamais dit que nous allions exploiter le gaz de schiste.» C’est ainsi que le président, Abdelmadjid Tebboune, a tranché la question de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels après le quiproquo soulevé par ses déclarations lors de sa première rencontre avec des représentants de médias nationaux.

Le chef de l’Etat a fini par rectifier le tir dans le dernier entretien qu’il a accordé à Russia Today Arabic. Selon lui, «la décision est subordonnée aux conclusions des experts». «Ce sont eux les spécialistes», dit-il. Le président Abdelmadjid Tebboune considérait, en effet, que la première expérience de l’Algérie dans ce domaine était «une erreur». «Les citoyens, avait-il expliqué, n’étaient pas préparés pour l’exploitation du gaz de schiste.» «Nous avons un vaste territoire mais nous sommes allés à In Salah», avait estimé le chef de l’Etat avant de prononcer la phrase qui avait donné libre cours à toutes les interprétations. «Si nous voulons élever le niveau de vie, cette richesse doit être exploitée», avait-il dit, ajoutant qu’«une richesse que Dieu vous a donnée, pourquoi vous en priver ?»

Le sujet ne divise pas tellement les Algériens. Même s’il y a des voix qui estiment qu’il n’y a pas de raisons pour que l’Algérie n’exploite pas cette ressource qu’elle possède, selon des évaluations, en grandes quantités, une large opinion considère, en revanche, que le pays doit se diriger vers l’exploitation d’autres ressources énergétiques, notamment le solaire.

Deux membres de l’actuel gouvernement sont connus pour leurs positions antischiste. Chams Eddine Chitour, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et Ferhat Aït Ali Braham, ministre de l’Industrie et des Mines, avaient, tous les deux, combattu l’exploitation du gaz de schiste.

Le président de la République ne fait en réalité que revenir à l’idée que se font sur la question de larges pans de l’opinion nationale. Puisqu’il existe d’autres alternatives énergétiques pour le pays, pourquoi aller, du moins pour l’instant, dans une option qui représente un haut risque environnemental et surtout un danger pour les ressources hydriques que recèle l’Algérie dans cette partie de son territoire qu’est le Sahara ? D’importantes études ont démontré que l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis a provoqué une véritable catastrophe sur l’environnement. En Europe, hormis la Pologne, de nombreux pays refusent cette alternative.

En France, la fracturation hydraulique est interdite depuis 2011, en Grande-Bretagne, le gouvernement britannique vient d’écarter une demande d’industriels d’assouplir la réglementation en matière de fracturation hydraulique, au moment où l’exploitation du gaz de schiste peine à démarrer dans le pays.

La même prudence est observée en Allemagne, alors qu’en Europe centrale, les pays qui l’ont autorisée au départ, comme la Bulgarie et la Roumanie, ont fini par l’interdire suite à d’importantes protestations contre l’exploitation du gaz de schiste en raison des risques «sismiques déjà très élevés dans la région».          

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