Épidémie du coronavirus à Boumerdès : Hausse inquiétante des contaminations


L’évolution de l’épidémie de coronavirus dans la wilaya de Boumerdès ne prête guère à l’optimisme.

Hier, 17 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés, suscitant l’inquiétude et moult interrogations parmi le personnel médical et les habitants de la région.

Boumerdès a été classée juste après la wilaya de Sétif et certains n’écartent pas la possibilité du durcissement du confinement dans les régions les plus touchées par l’épidémie.

Ce pic des contaminations était prévisible depuis plusieurs jours dans la wilaya en raison du relâchement constaté dans le respect des mesures sanitaires édictées par le gouvernement.

L’alerte quant à la recrudescence du nombre d’infections a été donnée il y a plus d’un mois par des médecins exerçant à l’hôpital de Thénia.

«On a réservé 4 services pour la prise en charge des patients atteints du virus. Ils sont saturés depuis plus de trois semaines. Plusieurs malades ont déjà été orientés vers l’EPH de Bordj Menaïel, faute de places», indique un infirmer exerçant dans cet établissement.

Notre interlocuteur parle de plus de 82 malades qui y étaient hospitalisés avant-hier dont 40 suspects et 42 testés positifs par le PCR, ajoutant que la plupart sont natifs des communes de l’ouest de la wilaya, à l’instar de Ouled Haddadj, Ouled Moussa, Larbatache, Khemis El Kechna, Hammadi, etc.

«On a même reçu des citoyens de Rouiba. Certains ont été renvoyés, car nous n’avons plus de lits vides», souligne-t-il.

Très au fait de l’évolution de la pandémie au niveau local, certains médecins parlent d’une moyenne de 15 à 20 malades qui sont déclarés positifs après les examens de scanner. «Les autorités doivent dire la vérité. La situation est beaucoup plus grave qu’on le pense.

Vendredi dernier, plus d’une trentaine de cas suspects ont passé des scanners et 14 d’entre eux présentent les symptômes de la maladie. Mercredi, il y a eu 18 patients testés positifs par le scanner.

Les résultats des analyses PCR arrivent un ou deux jours plus tard. Les cas confirmés obtiennent le traitement le jour-même des examens et retournent chez eux. Car ils ne sont désormais pas obligés de rester à l’hôpital. Les patients sont contrôlés régulièrement jusqu’à leur guérison.

Celui qui présentera des complications sera admis à l’hôpital», explique un praticien qui déplore le manque de sensibilisation et des défaillances dans la réalisation des enquêtes épidémiologiques.

De nombreux médecins remettent en cause la véracité des chiffres communiqués par les autorités. Selon des informations recoupées, plus de 500 patients testés positifs ont été soignés depuis le début de l’épidémie au niveau des trois hôpitaux de la région.

«On en a déclaré juste un tiers. Et lorsqu’on cache la réalité, le citoyen sous-estime la maladie alors que quand on lui dit donne les vrais chiffres, il devient alarmiste et ne sort jamais de chez lui sans bavette», estime un médecin à l’EPH de Bordj Menaïel.

Dépassée par les événements, la directrice de la santé et de la population (DSP) a regretté, hier sur les ondes de la radio locale, le non-respect des mesures de protection par de larges pans de la population, affirmant que la prévention est le seul moyen à même de limiter la propagation du coronavirus.

Certes, l’incivisme du citoyen a été pour beaucoup dans l’augmentation du nombre de contaminations, mais la passivité des autorités n’est pas en reste.

Avant-hier, la sûreté de wilaya a fait état de 1803 personnes qui ont été interpellées pour violation des règles du confinement partiel, ajoutant que 165 véhicules et 23 scooters ont été mis en fourrière pour les mêmes motifs.

Néanmoins, ces chiffres sont très minimes par rapport à l’ampleur des infractions enregistrées en la matière. En effet, bien qu’interdites, plusieurs fêtes de mariage ont été organisées ce week-end dans les localités de Souk El Had, à Bordj Menaïel, Boudouaou, Timezrit, Issers, etc.

Aussi, la baignade a repris de plus belle sur les plages de la région et certains estivants y restent jusqu’à une heure tardive de la nuit.

Les gens se bousculent aussi bien dans les marchés que devant les bureaux de poste. La sensibilisation, elle, est la plus grande absente de la crise que vit le pays. Elle se réduit à la distribution de masques aux citoyens lors de sorties surmédiatisées du wali. 

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