En réaction au «vendredi noir» : Appel à constituer un front anti-répression


Trois organisations : le Comité algérien contre la torture et les conditions carcérales inhumaines, le Comité national de libération des détenus (CNLD) et la Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (Cnuac) appellent à la constitution «en urgence» d’un front anti-répression afin de faire face à ce qui est «devenu l’unique feuille de route du pouvoir», écrivent-ils dans une déclaration publiée hier.

Les rédacteurs du texte, au vitriol, estiment que les gouvernants, «délégitimés par leurs élections et par leur prédation», se trouvent dans une impasse et cherchent la confrontation frontale avec le peuple, faute de pouvoir l’écouter. Un peuple en colère et pourtant si pacifique, souligne-t-on.

«Avec ces milliers d’arrestations, près d’une centaine en prison, une violence inouïe, des traumatismes graves et cet état de siège policier dans la capitale élargi ce vendredi noir à toutes les villes d’Algérie, la rupture est définitivement consommée entre ce peuple résistant et ces gouvernants liberticides», est-il écrit.

Une situation politique intolérable qui s’ajoute à la précarité économique de la population et le spectacle de la prédation qui se poursuit ; une situation devant laquelle il ne faut plus se taire, avisent les signataires de la déclaration. «On ne peut se taire devant la torture, la violence des arrestations, le piétinement des lois, l’arbitraire partout et une justice astreinte à l’omnipotence vulgaire du téléphone. On ne peut accepter que la peur s’installe au sein d’une population fatiguée par la récurrence de la violence politique et sociale. On ne peut pas s’empêcher de crier notre colère face au désarroi social d’une population précarisée quand on sait l’enrichissement et la prédation qui continuent sur les richesses, propriété du peuple, qui aspire à sa souveraineté», poursuit-on.

La troïka appelle à une large coalition de comités, collectifs, associations, partis, personnalités, engagés dans le mouvement populaire, mais aussi la diaspora et son potentiel mobilisateur, à s’unir, au-delà des différences, contre ce qui est qualifié de «répression sauvage, aveugle qui aggrave le fossé entre la société et son Etat, cet Etat instrumentalisé par ce régime autoritaire et illégitime».

Les initiateurs de l’appel avertissent à la fin que cette démarche unitaire ne doit pas sortir du cadre de la «silmya».

«Restons pacifiques en conjuguant nos efforts, notre intelligence collective, nos énergies, nos convictions pour agir fortement et crier notre colère à l’unisson contre ce pouvoir répressif», précise-t-on encore.


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