Elles dénoncent la répression du mouvement populaire : La FIDH et l’OMCT épinglent le pouvoir


Dans un communiqué signé par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, un instrument créé par les deux organisations FIDH et OMCT, la sonnette d’alarme est tirée sur le ciblage par le régime algérien des défenseurs des droits humains.

En optant pour la manière forte pour faire taire le mouvement populaire et maintenir l’élection présidentielle du 12 décembre, le pouvoir politique algérien continue de susciter la désapprobation de l’opinion internationale. Hier, c’était au tour de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) de dénoncer une «répression généralisée du mouvement de protestation en Algérie».

Dans un communiqué signé par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, un instrument créé par les deux organisations, la sonnette d’alarme est tirée sur le ciblage par le régime algérien des défenseurs des droits humains.

«Dans un contexte de répression croissante des manifestations pacifiques par les forces de l’ordre algériennes, des centaines de personnes ont été arbitrairement arrêtées depuis début septembre, dont de nombreux défenseurs des droits humains», notent les rédacteurs du texte.

Le document, publié sur le site de la FIDH, série des cas comme ceux des opposants et figures emblématiques du mouvement populaire : Karim Tabbou, Samir Belarbi et Fodil Boumala, le journaliste Saïd Boudour ou encore les nombreux militants du RAJ, arrêtés depuis septembre dernier et mis en prison pour «atteinte à l’unité nationale», entre autres, accusations considérées comme arbitraires par l’Observatoire.

«A deux mois de l’élection présidentielle du 12 décembre, cette vague d’arrestations arbitraires, qui a clairement pris pour cible les défenseurs des droits humains, est un très mauvais signal pour une éventuelle transition vers la démocratie en Algérie.

Le régime en place tente par tous les moyens de se maintenir au pouvoir et d’étouffer le mouvement de contestation pacifique en cours, instaurant un climat de peur par la répression», a déclaré Alexandra Poméon, responsable de l’organisme.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme ne se contente pas de faire le constat de la situation des droits de l’homme en Algérie mais appelle aussi à la «libération immédiate et inconditionnelle (des détenus) ainsi qu’au respect des libertés d’expression, de réunion et de manifestation qui sont, à deux mois de l’élection présidentielle, grandement menacées en Algérie».

Le secrétaire général de l’OMCT, Gérald Staberock, a appelé pour sa part à «la libération immédiate et inconditionnelle des défenseurs des droits humains arbitrairement détenus et rappelons que leurs droits procéduraux doivent être respectés en toute circonstance».

L’Observatoire a été créé en 1997 afin d’intervenir pour «prévenir ou remédier aux situations concrètes de répression contre les défenseurs des droits de l’homme». Il faut savoir aussi que la FIDH et l’OMCT sont toutes deux membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’homme mis en œuvre par la société civile internationale.

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