Elle impactera négativement le pouvoir d’achat : Les députés contre la hausse du prix du carburant


Le projet de loi de finances complémentaire (PLFC) actuellement en débat au niveau de la commission des finances et du budget de l’Assemblée suscite les interrogations et les réserves des membres de cette commission, présidée par Tarek Tridi, notamment en ce qui concerne l’augmentation des prix du carburant, l’importation de véhicules et autres taxes.

Ils estiment que la hausse des prix des carburants intervient à un moment «inopportun» au regard des dommages occasionnés par la pandémie de coronavirus, et de ce fait elle impactera négativement le pouvoir d’achat des Algériens. Les députés parlent d’un «paradoxe», en ce sens que le simple citoyen ne pourra pas profiter de la hausse de son salaire avec l’augmentation du prix du carburant.

Une telle disposition, de leur avis, «entraînera une hausse des charges de la production industrielle, des agriculteurs et du transport public, voire une hausse généralisée des prix de la quasi-totalité des produits».

En tentant de minimiser l’impact de cette décision, le ministre a révélé, durant cette audience, la mise sur pied d’un groupe de travail qui se penche d’ores et déjà sur le lancement d’une carte carburant, qui permettra à certaines catégories d’opérateurs économiques de disposer d’une quantité de carburant au prix subventionné.

Pour les membres de la commission des finances et du budget de l’APN, cette augmentation n’est pas une alternative pour renflouer les caisses de l’Etat dès lors qu’il existe plusieurs autres solutions, à savoir : l’accélération du recouvrement fiscal, le ciblage des subventions, l’intégration des travailleurs du marché parallèle dans le circuit officiel, ce qui permettra d’engranger des montants colossaux qui viendraient réduire ainsi le déficit budgétaire.

En outre, les membres de la commission ont salué la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 20 000 DA et l’exonération des salaires inférieurs ou équivalents à 30 000 DA de l’impôt sur le revenu global (IRG), tout en demandant des détails sur cette opération à la directrice générale des Impôts, Amel Abdellatif, lors de son passage devant la commission pour s’expliquer sur les dispositions fiscales.

Cette décision, selon elle, coûtera au Trésor public 82 milliards dinars entre juin et décembre 2020 pour un avantage fiscal qui concernera près de 5 millions de citoyens, salariés et retraités touchés par cette mesure.  

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