Education nationale : Une rentrée sous de mauvais auspices


Dans une dizaine de jours, plus de 9 millions d’élèves rejoindront les bancs des écoles à travers le territoire national. Fixée au 4 septembre, cette rentrée s’annonce difficile, notamment en raison du climat politique critique, mais surtout de la persistance des multiples problèmes déplorés ces dernières années. Il s’agit  de la surcharge des classes, du manque d’enseignants et de cantines scolaires.

«Il sera impossible d’avoir une rentrée scolaire tranquille si l’Etat et le ministère ne mettent pas en place des dispositions réelles et efficaces pour prendre en charge les problèmes qui se répètent chaque année. J’entends par cela le manque d’encadrement pédagogique dont ont souffert des élèves durant la dernière année scolaire. Il ne s’agit pas d’enseignement de matières secondaires telles que la musique ou l’informatique, mais de langue française et d’histoire-géographie», déplore Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef).

Dans la liste des problèmes redondants dans le secteur de Abdelhakim Belabed, actuel ministre de l’Education nationale, le syndicaliste insiste sur la surcharge qui touche une grande majorité des établissements scolaires depuis plusieurs années déjà. Pour lui, les établissements réceptionnés cette année relèvent d’un ancien programme qui ne correspond pas aux actuels besoins. De plus, il évoque le problème des équipements en donnant l’exemple de plusieurs laboratoires dépourvus de matériel basique. «Ce sont des problèmes récurrents. Lorsque la situation stagne, elle empire. Surtout que ces dernières années, on a eu recours à des solutions provisoires, telles que les chalets installés au milieu de la cour destinée pourtant au repos des élèves», ajoute-t-il, avant de rebondir sur le problème des cantines qui s’avère aujourd’hui plus qu’épineux.

En tant qu’élu local et syndicaliste, Boualem Amoura remet en cause l’attribution de la gestion des cantines aux APC. Pour lui, aujourd’hui ces collectivités locales n’ont pas la capacité, notamment financière, pour gérer de telles structures. Il argumente sa position par la lenteur administrative dans l’attribution des budgets ainsi que l’instabilité de ces assemblées, souvent rattrapées par les scandales de mauvaise gestion. Selon Boualem Amoura, près d’une semaine avant de la rentrée, aucune commande n’a été faite aux fournisseurs. Ces derniers, qui ont déjà des factures non payées, refusent de prendre de nouvelles commandes tant que leur passif n’a pas été réglé. C’est du moins la réalité dans sa localité, Akfadou, dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Le ministère de l’Education nationale se veut, comme d’habitude, rassurant. L’actuel premier responsable du secteur annonce plusieurs chiffres en prévision de cette rentrée. Pour assurer l’encadrement des 9 110 000 élèves, 8041 postes budgétaires ont été ouverts. Pour atténuer le phénomène de la surcharge, 656 établissements ont été réceptionnés pour cette rentrée scolaire 2019-2020. Ils sont répartis sur les trois paliers en accordant plus d’importance au primaire où les classes dépassent les 40 élèves. Pour ce palier, 424 nouvelles écoles ouvriront leurs portes cette année. Il en est de même pour 137 collèges et 93 lycées réceptionnés. 

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