Éducation nationale : Nouria Benghebrit fait un bilan sur sa page Facebook


Un bref bilan des actions menées durant sa mission en tant que ministre de l’Education nationale (mai 2014/mars 2019) a été mis en ligne sur la page Facebook de Nouria Benghebrit

 «A ma nomination en tant que ministre de l’Education nationale, la réforme du système éducatif était déjà entamée sur la base des conclusions proposées par la Commission nationale de la réforme du système éducatif (CNRSE) de 2001 et de la loi d’orientation de 2008», a-t-elle dit en préambule. Elle souligne que «des dysfonctionnements perturbaient cependant la mise en œuvre.

Ils avaient été à l’origine de grèves répétitives qui se répercutaient sur le volume horaire programmé pour les enseignements et l’introduction de la ”ataba”, une aberration pédagogique, devenue chronique et dangereuse, obligeant le MEN à revoir chaque année à la baisse les programmes officiels de l’examen du baccalauréat».

Mme Benghebrit lance un message à peine voilé à ses détracteurs : «Quelles que soient les raisons invoquées, il s’agit d’une disqualification progressive mais certaine des compétences de la population scolarisée. De 2005 à 2015, le nombre moyen de semaines d’apprentissage des élèves algériens a été de 22 à 24 semaines, alors que dans le monde, il est de 36 à 44 semaines.»

Elle cite un certain nombre de contraintes qui ont freiné l’élan de la réforme. En premier lieu, «la pression idéologico-politique exercée par certains qui considèrent l’école comme leur chasse gardée, ne devant pas respecter les principes pédagogiques partagés par les systèmes éducatifs performants de par le monde».

Selon l’ex-ministre, ces derniers «ont souvent usé de procédés allant à l’encontre de toute morale, s’attaquant même à ce que toute personne a de plus cher : son identité et sa famille. De véritables campagnes médiatiques malveillantes menées par certains organes, construites sur de simples rumeurs infondées, participaient activement à cette pression négative et contre-productive».

L’école se trouvait dans certaines situations à participer davantage au règlement de la question du chômage dans la société qu’à investir dans l’impératif de qualité. Quatre défis majeurs ont été identifiés pour aller vers une école de qualité : le défi de la refonte pédagogique, le défi de la bonne gouvernance, le défi de la professionnalisation des personnels par la formation et le défi de la stabilité du secteur.

«La qualité de ”partenaire social” est tributaire d’un engagement réciproque pour la stabilisation du secteur, les grèves devant rester l’ultime recours dans le cadre des revendications socioprofessionnelles. Tous les résultats attendus ne peuvent être au rendez-vous dans l’immédiat. La dynamique engagée n’est pas irréversible. Elle demande de la patience, de l’engagement, de la sincérité et, surtout, un grand amour pour les enfants», précise-t-elle.

Mme Benghebrit développe une réflexion et livre ses observations : «On a dit que l’école avait été à l’origine du terrorisme alors qu’elle en était l’une des victimes, et que ceux qui ont combattu le terrorisme sont sortis aussi de l’école algérienne.

Les jeunes du hirak/thawra d’aujourd’hui sont aussi sortis de l’école algérienne, même si des facteurs comme les réseaux sociaux jouent un rôle.» Les enjeux aujourd’hui : l’ouverture sur les valeurs universelles, adoption de l’esprit scientifique, de la culture de la rationalité et de l’esprit critique. Il s’agit en somme de dépasser le tiraillement entre deux forces contradictoires, porteuses de projets de société différents.

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