Education nationale : Le dossier des œuvres sociales refait surface


La Commission nationale de gestion des œuvres sociales des travailleurs de l’éducation (CNOS) a présenté, jeudi dernier, son bilan moral et financier pour l’année 2018. Un bilan sans surprise, décrié par les syndicats du secteur.

En effet, l’année de prolongation qu’a accordée l’ancienne ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, à cette commission, arrive à expiration. La réunion de présentation du bilan, qui s’est tenue au Lycée de mathématiques, à Alger, a été boycottée par nombre de syndicats, notamment ceux qui étaient contre cette décision de prolongation.

«Nous ne pouvons pas cautionner pareille mascarade», déclare Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Et d’ajouter : «Nous avions clairement demandé le gel des fonds de cette commission en attendant les élections pour éviter d’éventuelles dilapidations. Ce qui n’a pas été fait. Donc, nous continuons notre boycott. Toutefois, cela ne nous empêche pas de dénoncer le contenu de ce bilan dont nous avons une copie.»

Le secrétaire général du Satef conteste plusieurs points. Le premier est en relation avec le budget consommé dans la restauration et l’hébergement durant l’année 2018, qui frôle les 2 millions de dinars. «Pis encore, le chapitre ‘autres dépenses’ a consommé plus de 9,8 millions de dinars. Etant donné qu’il n’y a pas de précisions, nous pouvons considérer ces dépenses comme abus de l’argent des travailleurs. De plus, leur bilan démontre clairement qu’ils favorisent les voyages à l’étranger au lieu du tourisme à l’intérieur du pays.

Cela signifie automatiquement nettement plus de dépenses», explique notre interlocuteur, qui évoque en outre le dossier des 4000 milliards de dinars dont cette commission a hérité en 2012 suite au gel des œuvres sociales en 2010, du temps de Benbouzid. Selon ses propos, aucune information n’a été divulguée dans ce sens ni d’ailleurs au sujet des terrains acquis à Alger et Béjaïa. Pour lui, seule une commission d’enquête indépendante pourra faire la lumière sur ces deniers des travailleurs dilapidés.

Contacté à ce sujet, Mustapha Benouis, président de la Commission nationale de gestion des œuvres sociales, réfute toutes ces accusations. Pour lui, le travail de la CNOS est transparent et ses membres n’ont rien à cacher. «La transparence ne nous effraie pas et nous avons le courage de mettre en lumière n’importe quel dossier. Nous avons été les premiers dans l’histoire des œuvres sociales à présenter un bilan moral et financier de 2011 à 2018, soit 9 ans de gestion.

Aujourd’hui, l’intérêt de l’employé est le plus important pour nous», souligne-t-il avant de préciser que la décision d’organiser des élections ou une nouvelle prolongation est du ressort de l’actuel ministre de l’Education nationale. M. Benouis ajoute qu’il aurait préféré que ces décisions aient été prises trois mois avant la fin de ce mandat pour ne pas arriver à cette situation de blocage.

Concernant les 4000 milliards de dinars et les terrains acquis, M. Benouis explique que l’actuelle commission n’est pas responsable de leur gestion : «Ces biens acquis du temps des anciennes commissions n’ont pas été exploités pour plusieurs raisons administratives et judiciaires. A notre arrivée, il y avait un arrêté ministériel qui interdisait toute gestion de ces actifs hérités et chargeait une commission mixte de recenser tous les fonds financiers et biens immobiliers.

Une commission qui n’a pas été installée à ce jour.» Notre interlocuteur précise que c’est l’actuelle CNOS qui a fait sortir l’affaire des biens acquis à la lumière et à l’opinion publique. Un dossier complet sur cette affaire aurait été remis à l’ex-ministre Nouria Benghebrit, qui prévoyait d’organiser un référendum en mai dernier afin de décider du mode d’élections. «Centralisé» ou «décentralisé» a été le point de désaccord entre les différents syndicats du secteur. 

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