Échec des négociations avec la tutelle : Les syndicats de l’éducation maintiennent la pression


Alors que la tension ne cesse de monter dans le secteur, le ministère de l’Education nationale tente l’apaisement en invitant les syndicats à des réunions bilatérales et en donnant des instructions aux inspecteurs de négocier avec les enseignants grévistes. Une démarche qui ne semble pas plaire à tout le monde.

Hier, des syndicats de l’éducation avaient rendez-vous au ministère de tutelle pour des négociations. Cette démarche, considérée «routinière» après leur préavis de grève nationale les 9, 10 et 11 mai, a été soldée par un échec. Pire, certains syndicats ont carrément choisi le boycott. «Pourquoi aller voir les responsables au ministère sans avoir des solutions réelles ?

De plus, nos revendications tournent essentiellement autour du pouvoir d’achat et du retour à la retraite proportionnelle sans condition d’âge. Nous avons eu un semblant de réponse du gouvernement qui nous pousse plus vers la protestation que vers des négociations avec la tutelle», déclare Zoubir Rouina, président du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), motivant la décision de boycott de son syndicat à ces rencontres bilatérales.

Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a préféré tester les intentions du département de Mohamed Ouadjaout, ministre de l’Education nationale, quant à la véritable prise en charge des revendications mentionnées dans le communiqué commun des 14 syndicats protestataires. «Nous nous attendions à ce qui allait se passer. Nous avons été reçus par des cadres du ministère, sans qu’il y ait une véritable intention palpable dans leur discours quant la prise en charge effective de nos revendications.

De ce fait, notre débrayage est maintenu», souligne-t-il. Même constat fait par le Satef (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation) et l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), qui ont également choisi d’accepter les négociations avec la tutelle. Abdelwahab Zeghar, porte-parole de l’Unpef, considère l’attitude du ministère comme une véritable fuite en avant. Selon notre interlocuteur, aucune mesure n’a été annoncée durant cette rencontre. «Nous avons été surpris de savoir que le ministère n’a prévu aucun mécanisme de mise en application des directives du gouvernement quant à la prise en charge de nos revendications socioprofessionnelles.

Même le dossier du statut particulier est en instance. En tant qu’Unpef, nous ne sommes pas contre la réouverture de ce dossier, qui nous a pris 3 ans de travail au temps de Benghebrit. Toutefois, il faut que le ministère trace cette fois-ci un calendrier clair pour sa finalisation», indique Sadek Dziri, président de l’Unpef.

De l’autre côté, les enseignants grévistes maintiennent la pression à travers les wilayas du pays, notamment l’Oranie. Les inspecteurs envoyés comme négociateurs ont fini par rejoindre le mouvement. Selon eux, les outils de négociation ne sont pas à leur disposition pour pouvoir convaincre les enseignants de rejoindre leurs classes. «Les revendications sont légitimes et nous ne sommes pas payés pour négocier.

C’est le travail de la tutelle et non pas des inspecteurs. Nous refusons d’être de la chaire à canon», souligne un inspecteur à Oran, qui a fini par brandir une pancarte de soutien à ses collègues enseignants.

Il est à rappeler que les travailleurs du secteur réclament la protection du pouvoir d’achat des travailleurs avec la revalorisation à 100% du point indiciaire, l’application du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif, la libération du statut particulier, la régularisation des incidences financières et du dossier des diplômés des écoles supérieures, la révision des programmes, la diminution du volume horaire et la libération des établissements primaires de la mainmise des collectivités locales.


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