Drame routier d’El Oued : Appels au boycott des bus vétustes


L’accident de circulation tragique survenu à El Oued, impliquant deux bus de transport de voyageurs et qui a causé la mort de pas moins de 13 passagers, relance le débat sur l’urgence du renouvellement du parc automobile de transport en commun de plus en plus vétuste.

Cette fois-ci, des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour boycotter les bus de transport en commun en raison de leur vétusté, qualifiés par beaucoup de «bombes à retardement», même si la Protection civile a pointé du doigt le facteur humain, plus particulièrement le non-respect des règles de la circulation (excès de vitesse) à l’origine du drame d’El Oued.

Ces appels alertent aussi sur les dangers qu’encourent les voyageurs en optant pour des bus de transport «bons pour la casse». A chaque accident mortel, impliquant un bus vétuste ou même neuf, les appels se multiplient en direction des autorités concernées afin de prendre à bras-le-corps un problème qui ne cesse de s’aggraver, alors que 8 à 12 Algériens meurent quotidiennement sur les routes du pays.

Les accidents impliquant des bus et mettant en péril la vie de plusieurs usagers sont devenus fréquents. Une répartition par catégorie de véhicules dans les accidents de la route montre que les camions, les bus et les autocars sont impliqués à hauteur de 28% dans la totalité des collisions, alors même que leur nombre ne dépasse pas 10% du parc automobile en circulation, selon la Gendarmerie nationale.

De nombreux spécialistes s’accordent à dire que l’incapacité du transport public des voyageurs à répondre à la demande croissante des usagers a incité les pouvoirs publics à fermer les yeux sur les défaillances des moyens de transport appartenant au privé. Actuellement, le ministère des Transports ne dispose pas d’une étude exhaustive sur la vétusté du parc automobile de transport en commun.

Officiellement, les autocars défaillants causent des pertes sèches d’un montant de 120 millions de dinars par an au Trésor public. Mais l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) considère qu’une grande partie du parc national des véhicules de transport des voyageurs est vieillissante, à un point tel qu’elle représente un véritable danger pour les usagers.

Environ 80 000 bus composent le parc national de transport de voyageurs. Ces véhicules, dont une grande partie est vétuste, transportent plus de dix millions de voyageurs quotidiennement, selon des chiffres rendus publiques par l’ONTA en 2018. Selon ces statistiques, 31 000 bus cumulent plus de 15 ans de service. La moitié de ce parc, soit 40 000 bus, devrait être mise hors service en 2020, d’après l’ONTA.

Les pouvoirs publics avaient créé une caisse d’aide destinée à donner un coup de pouce au rajeunissement du parc automobile de transport en commun. Mais, cette démarche est jugée insuffisante compte tenu de la faiblesse de l’aide allouée. 

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