Djanet Après les inondations, la colère !


A l’inverse des premiers jours du sinistre, les inondations qui ont touché la ville de Djanet ont défrayé la chronique nationale cette semaine et agité l’opinion publique nationale, mais de quelle manière ?

La question de la représentation des régions du Sud en général et de l’Extrême-Sud en particulier dans les médias nationaux (publics ou privés) reste plus que jamais d’actualité.

Une tournée sur les commentaires et réactions des habitants de cette région sur les réseaux sociaux suffit largement pour constater que ces derniers ne se sont pas contentés de la place qui leur est réservée dans les médias de masse, notamment les chaînes de télévision.

«C’est grâce au réseau social Facebook que les habitants du Tassili ont réussi à imposer l’agenda des médias nationaux qui les ont marginalisés au début des inondations», nous confie Moncef Ouala Eddine, étudiant à l’Ecole supérieure de journalisme.

Les habitants n’ont pas caché leur colère suscitée par les déclarations du secrétaire général de la wilaya d’Illizi qui, lors d’une intervention sur une chaîne de télévision publique, a minimisé l’ampleur des dégâts causés par ces inondations, prétextant une opération d’intox relayée sur les réseaux sociaux.

Mercredi, lors d’une visite de travail à Batna, le ministre des Ressources en eau lui emboîte le pas en déclarant : «Les choses sont normales, ils diffusent des images de la Libye» Hier matin, des dizaines de jeunes ont manifesté au centre-ville de Djanet pour dénoncer ces déclarations.

«Nous demandons des excuses officielles du ministre des Ressources en eau ainsi que du secrétaire général de la wilaya d’Illizi», lisait-on sur une banderole. Désormais, il existe deux Djanet, qui ont peut-être peu de choses en commun : celle présentée par les médias qui tentent de minimiser l’ampleur des dégâts, et la ville réelle, mais ignorée.

Solidarité et prise en charge des familles sinistrées

Selon un communiqué de la wilaya d’Illizi, des mesures ont été prises dans le cadre des Programmes communaux de développement (PCD) et de la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales, pour prendre en charge les familles sinistrées et réparer les dégâts occasionnés par les inondations aux routes, aux réseaux divers et aux habitations.

Mardi, une délégation du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire s’est rendue sur les lieux à la rencontre de la société civile, accessoirement pour l’évaluation des dégâts.

Les associations humanitaires se sont fortement mobilisées, à travers le territoire national, via les réseaux sociaux et ont joint leurs efforts à ceux du Croissant-Rouge algérien pour venir en aide aux populations de Djanet et d’Illizi.

Une caravane de solidarité de sept semi-remorques a pris le départ à partir d’Alger vers Illizi et Djanet. Saïda Benhabylès, directrice du CRA, a déclaré sur les ondes de la Chaîne 3 : «Nous avons envoyé 2500 couvertures neuves, des vêtements neufs, 350 colis alimentaires, des ustensiles de cuisine et de l’eau minérale.» 

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