Dialogue national : Le FFS appelle à mettre fin aux «monologues»


Le Front des forces socialistes (FFS) a dénoncé la mauvaise volonté de l’armée d’ouvrir un «dialogue sérieux» sur une «transition démocratique» pour résoudre la crise politique, alors que le hirak a entamé son septième mois de mobilisation anti-régime.

«Aucune volonté politique sincère et véritable de (sa) part n’est perceptible, tuant ainsi l’espoir d’une sortie de crise porteuse de tous les dangers pour le peuple et la nation», a fustigé, avant-hier, le FFS lors de la rencontre de concertation entre les Dynamiques de la société civile, les partis politiques et les personnalités nationales. «Nous assistons au contraire à la mise en place d’un dispositif répressif et draconien contre les manifestations pacifiques et la multiplication des représailles judiciaires et policières contre des manifestants issus des milieux politique, associatif, syndical ou médiatique, puis par la mise en œuvre d’un autre simulacre de dialogue, dont les acteurs, les instigateurs, les tenants et aboutissants œuvrent indéniablement à la pérennité du régime et de ses pratiques», a fustigé le FFS, appelant à un «dialogue sérieux, inclusif, responsable et sincère pour mettre fin aux monologues, aux simulacres et à la politique du fait accompli».

A ce titre, le parti a réclamé la mise en œuvre d’un «climat favorable pour favoriser le déroulement et le succès d’un dialogue véritable». Il s’agit de la libération des «détenus politiques et d’opinion», l’ouverture des champs politique et médiatique, l’arrêt «immédiat du bradage» des ressources nationales, le départ des symboles du régime et la «disqualification» des institutions «factices» du pouvoir, a listé le parti. Ces mesures, également réclamées par le hirak, ont été rejetées par le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, tandis que l’Instance nationale de dialogue, chargée par le chef d’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, de mener des consultations pour définir les modalités de la prochaine présidentielle pour élire un successeur à Bouteflika est fortement contestée par le hirak et une partie de l’opposition. «Il est évident que le pouvoir tente de donner une autre façade à sa citadelle hégémonique en imposant une autre duperie électorale. Le peuple ayant bel et bien rejeté deux rendez-vous électoraux successifs en l’espace de 4 mois, les décideurs ne devraient pas s’obstiner à rééditer une autre mascarade électorale sachant qu’elle sera boudée et rejetée comme les précédentes», a mis en garde le FFS.

Partisan acharné d’un processus constituant, le doyen des partis de l’opposition avait intégré les Forces de l’alternative démocratique qui prévoient d’organiser, fin août, une convention thématique autour d’un pacte politique pour une «véritable alternative démocratique». «Nous considérons cette démarche de concertation et d’échange politique comme une véritable chance pour trouver une issue rapide à la crise multiforme nationale», souligné le parti, assurant que «les convergences palpables autour de l’inévitable transition démocratique dans le pays sont à valoriser et à consolider». «Les processus qui conduiraient à l’avènement de la IIe République sont nombreux et variés. L’essentiel est de s’entendre sur le principe incontournable et indiscutable du changement radical du régime et sur la nécessité d’amorcer une transition démocratique la plus fidèle aux attentes populaires», a-t-il déclaré.

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