Développement touristique : Mermouri a-t-il les coudées franches pour mener le changement ?


Hacène Mermouri revient à la tête du secteur du Tourisme et de l’Artisanat, après avoir occupé ce poste pendant la période 2017-2018.

Immédiatement après avoir pris ses fonctions, il a présidé le même jour une réunion de travail en présence des cadres de l’administration centrale du ministère, au cours de laquelle le ministre a prononcé sa première intervention d’orientation sur les nouvelles ambitions tracées par le président de la République relatives à la promotion du secteur du tourisme et de l’artisanat.

La vision va-t-elle changer ? Il faut l’espérer, selon plusieurs opérateurs contactés par El Watan. «Le président de la République en a fait référence dans son discours d’investiture, c’est déjà une première !» note Brahim Aflah Hadj Nacer, manager général de Zyriab Voyages.

«Il est déjà briefé. On note une mauvaise habitude : dès qu’un ministre commence à maîtriser les dossiers et comprendre la situation réelle, il est relevé de ses fonctions. Mermouri est un des ministres qui a fait un passage dans ce ministère, il a ouvert des chantiers et assimilé comment les choses fonctionnent. Il avait des projets qu’il n’a pas eu le temps d’achever.

C’est une chance pour lui de prouver ce qu’il peut faire», confie Senouci Lies, SG Snav et général manger de l’agence Saphir tours. Pour lui, «Il ne faut pas avoir des ambitions démesurées, mais il est temps d’amorcer le tourisme réceptif (hivernal, saharien) qui n’exige pas de grandes infrastructures. Il y a deux obstacles majeurs : l’un relève de la politique et l’autre de l’économique».

Selon ses analyses, «si le gouvernement actuel estime que le tourisme est une réelle priorité, il faut mettre les moyens, notamment par l’instauration de mécanismes qui puissent faire du visa algérien un visa facile à obtenir et pas vraiment cher (actuellement, il est d’environ 80 euros).

On peut aller vers des visas électroniques à l’arrivée, ou donner des instructions aux missions diplomatiques pour qu’elles le rendent un peu accessible. Le deuxième écueil est le volet aérien : le billet de l’Europe vers l’Algérie ou de l’Algérie vers l’Europe demeure hyper cher par rapport à ce qui se fait au minimum chez les pays du voisinage».

La majorité des acteurs pensent que le tourisme est lié à la décision politique. Les pays touristiques par excellence, comme le Maroc et la Jordanie, signent des conventions avec les compagnies aériennes low cost pour proposer des prix qui leur ramènent des touristes. La contrepartie est payée par le ministère du Tourisme (des millions de dollars).

Les billets sont hyper chers par rapport au budget du touriste moyen européen, et cela ne permet pas aux agences de voyages de fournir des packages concurrentiels bien qu’elles sacrifient leur commission par rapport aux prestations, cela constitue en outre un obstacle à la commercialisation de la destination Algérie en général.

Bachir Djeribi, directeur de l’agence Club aventures africaines basée à Alger, nous a déclaré : «Sans volonté politique réelle, ni réactivation du cadre national de concertation, le Conseil national du tourisme, rien ne se fera. Il faut régler définitivement le problème des visas. Quand on sortira de cet engrenage, on commencera à avoir du flux.

Le tourisme, ce n’est pas une équation que le ministre peut résoudre tout seul. Il faut que son entourage s’implique également. Il y a eu cette fois-ci une promesse du président de la République dans son discours d’investiture. On attend beaucoup de lui. Cela doit être fait avec les gens du terrain. L’instabilité à la tête de notre secteur est la source de notre débandade depuis des années.» Les annonces et les effets d’annonce sans faits n’arrêtent pas d’exacerber ce secteur. 

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