Des personnalités, des partis, des syndicats et la société civile lancent un appel : «Pour le rejet pacifique de la présidentielle»


Des partis politiques (FFS, RCD, MDS, PT, PST, UCP), des organisations syndicales, des associations de divers horizons, des universitaires, des hommes de loi et défenseurs des droits de l’homme, des artistes, des collectifs de citoyens et personnalités nationales en Algérie et au sein de la diaspora – tels Omar Aktouf, Abdelmadjid Azzi, Abdelghani Baddi, Mostefa Bouchachi, Madjid Benchikh, Khaled Benaissa, Ferrad Arrezki, Omar Belhouchet, Bouzid Kamel, Zohra Drif-Bitat… – ont lancé un appel pour rejeter pacifiquement l’élection du 12 décembre qu’ils qualifient de «mascarade électorale».

Pour eux, il s’agit d’une parodie projetée dans l’unique but d’imposer la reconduction de ce système antinational. Les auteurs de cet appel demandent aux Algériens de rester vigilants contre toutes les provocations contre-révolutionnaires et de continuer d’exiger, dans l’union, le départ du système «policier» à travers une transition démocratique qui poser les jalons d’une «nouvelle République». En appelant à une forte mobilisation pour dire «non» au scrutin du 12 décembre, les signataires de cette pétition rappellent que depuis plus de 9 mois, le pouvoir «illégal» et «illégitime» s’évertue à parachever les séquences d’un vrai coup de force en voulant récupérer le soulèvement populaire qui a déposé Abdelaziz Bouteflika.

«L’opposition explicite et déterminée de millions de citoyens à cette nouvelle forfaiture contre la souveraineté populaire est gérée par la répression, la diversion, la division, le chantage et le verrouillage de l’espace public. La volonté d’acheter le silence des puissances étrangères est étalée sans vergogne à travers des sollicitations directes et des réaménagements juridiques et économiques qui hypothèquent jusque l’avenir lointain», fustige l’appel signé par la LADDH, RAJ, SOS Disparus, le Snapap et le Satef. Ces derniers pensent que le vrai objectif des tenants du système, à travers ce simulacre d’élection présidentielle, est le maintien du système autoritaire et corrompu. Pour les animateurs de cet appel, l’heure est grave !

Forts de leur mainmise sur la puissance sécuritaire du pays, les tenants du pouvoir, selon l’appel, s’obstinent à imposer, par un violent passage en force, un Président de leur choix, au risque de porter atteinte à la pérennité de l’Etat, voire d’entraîner le pays vers le chaos. «Les tenants du pouvoir entendent également perpétuer l’autoritarisme et la prédation. Ils sont décidés à étouffer la révolution citoyenne et démocratique. Face à ce brutal déni de souveraineté, la résistance pacifique du peuple est un droit légitime et un devoir.» Les signataires ont rappelé, à juste titre, qu’ils sont des dizaines de millions à exiger la levée des entraves aux libertés individuelles et collectives, la libération des détenus politiques et un changement de système politique. Ils ont conclu l’appel par «Makanche intikhabate maâ el îssabate !» 

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