Des milliers de manifestants à Alger : « l’Algérie n’est pas à vendre »


Des milliers de personnes ont battu le pavé ce dimanche sur le boulevard Zighoud Youcef à Alger, pour dénoncer le projet de loi sur les hydrocarbures qui devrait être adopté par l’APN.

A 9:30, il faisait déjà trop chaud. Des manifestants de toutes les tranches d’âges sont venus pour dire « Non au bradage des richesses du pays ». Des groupes composés de centaines de manifestants ont commencé à converger vers le siège de la chambre basse du Parlement, sous une surveillance policière étroite. Devant l’hôtel Safir (ex Alletti), un dispositif policier imposant a bloqué toutes les issues qui mènent de et vers l’APN. Les protestataires ont été repoussés après qu’ils aient tenté de rejoindre le périmètre du parlement.

A 10 heures, les chants hostiles au pouvoir retentissaient : « Pouvoir assassin ! », « dégagez ! », « ils ont vendu le pays » ou encore « le peuple veut la chute du Parlement ». De l’autre côté de la rue, des manifestants donnent la réplique d’une manière spontanée et synchronisée en lançant,« klitou lebled ya serrakine » (Vous avez volé le pays bande de voleurs !).

Manif devant le siège de l’APN à Alger. Photo : Sami K. El Watan

La foule devient compacte. Les pancartes brandies expriment des revendications différentes. On pouvait lire : « Le peuple souverain refuse la nouvelle loi sur les hydrocarbures», portées par un quinquagénaire assis à même le sol. Une jeune femme, la trentaine, portait un slogan concis qui résume toute la situation : « L’Algérie n’est pas à vendre ».

Un peu plus loin, un autre citoyen entouré par un groupe d’amis développe ses arguments. « Le Sahara algérien n’est ni à vendre, ni à louer encore moins à hypothéquer. Il est le bien de nos enfants et des futures générations. Nous nous engagerons corps et âme pour que cette loi (sur les hydrocarbures Ndlr) ne passe pas», disait-il avec enthousiasme.

De nombreuses voix ont fustigé le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah et les généraux, sévèrement critiqués durant cette manifestation. La foule chantaient à l’unisson «  el djazaïr teddi listiklal (l’Algérie aura son indépendance)».

« Djazaïr amana … »

Un groupe de citoyens débattait à bâtons rompus sur la question de la nouvelle loi des hydrocarbures. Madjid, un quinquagénaire, diplomate dans ses propos, déclare : « L’Algérie doit regagner sa souveraineté à travers notre action et notre pacifisme ». et d’ajouter de sa voix grave : « Ceux qui sont au pouvoir sont aux abois. Ils se maintiennent et essayent  d’opérer un dernier coup de force en capitalisant leur feuille de route sur cette loi controversée. Cette dernière risque de compromettre l’avenir du pays si elle sera soumise à l’approbation des deux chambres du parlement ».

Vers les coups de11h30, la foule devient énorme. Un nouveau dispositif de sécurité a été déployé de l’autre extrémité du boulevard, plus précisément devant la rue Haffaf Nafaa pour stopper le déferlement de la foule qui n’arrêtait pas de prendre du volume. La police a bloqué les citoyens qui ralliaient la manif depuis la Place des martyrs. Malgré ces restrictions, les marcheurs n’ont pas capitulé.

Le soleil tape très fort. Il est 14h00. Des manifestants passent par la rue Tanger pour atteindre celle d’Asselah Hocine qui fait face à la belle bâtisse haussmannienne abritant l’APN. Là, ils ont scandé, au milieu des youyous qui fusaient de partout : « Nidhal hatta yaskote enidham » (militer jusqu’à la chute du régime), « klitou lebled ya serrakine » (Vous avez bouffé le pays bande de voleurs », «Pas de vote avec les gangs! ». Et « Djazaïr amana ba3oha lel khawana (Algérie vendue par des traitres) ».

Photo : Sami K. El Watan

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