Des mesures spécifiques émises par la wilaya d’Alger : Rendez-vous par téléphone chez le coiffeur et nombre de clients limité


Les services de la wilaya d’Alger mettent en garde les contrevenants en les menaçant d’appliquer les «sanctions prévues par les lois et la réglementation en vigueur».

Dans le sillage des mesures décrétées dernièrement par le gouvernement autorisant la reprise d’un grand nombre d’activités commerciales «à l’effet de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire», la wilaya d’Alger a émis à son tour des mesures complémentaires destinées spécialement à codifier l’activité des salons de coiffure ainsi que celle des boutiques d’habillement et des magasins de chaussures.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, les services de la wilaya d’Alger ont d’abord rappelé la nécessité de «l’observation stricte et rigoureuse des règles d’hygiène et de distanciation sociale édictées par les autorités sanitaires». En plus de ces règles générales, d’autres précautions sont désormais exigées.

Concernant les salons de coiffure, les autorités leur imposent le «travail à portes fermées» et la limitation du nombre de clients admis en même temps dans le salon, et qui est précisément fixé à «deux personnes à la fois». Autre nouveauté : il est recommandé aux coiffeurs «la planification des rendez-vous par téléphone».

Les clients désireux de se rafraîchir la tignasse et s’offrir un petit lifting capillaire après cette longue hibernation sont ainsi invités à réserver leur créneau à l’avance pour éviter l’encombrement dans ces salons généralement exigus et où il est difficile de pratiquer la «distanciation sociale». A ces nouvelles mesures préventives s’ajoutent les gestes de base : «port d’une bavette et de gants pour le coiffeur» ; «port d’un masque de protection par le client» et «nettoyage et stérilisation des outils de travail et désinfection du local».

Pour ce qui est des boutiques d’habillement et surtout les magasins de chaussures, les services de la wilaya enjoignent aux gérants de ces commerces de veiller à la «désinfection des chaussures [du client]» et la «prise de température corporelle» dès l’entrée du magasin. Là aussi, le nombre de personnes admises à la fois doit être limité.

Il est déterminé «selon la surface du local», précise la wilaya d’Alger, sachant qu’en tout état de cause, il «ne doit pas dépasser trois personnes à la fois, tout au plus», insistent les autorités. Il est indiqué, en outre, que «l’essayage des chaussures doit se faire moyennent un sac à usage unique».

Il est par ailleurs exigé «le port obligatoire d’un masque de protection aussi bien pour le vendeur que le client». La wilaya exhorte également les tenanciers de ces commerces à l’utilisation fréquente du gel hydroalcoolique et la stérilisation régulière du local et à «veiller au respect de la distance sociale entre les vendeurs et les clients».

Pour finir, les services de la wilaya d’Alger mettent en garde les contrevenants en les menaçant d’appliquer les «sanctions prévues par les lois et la réglementation en vigueur», ces sanctions pouvant aller jusqu’à «la fermeture du magasin».

Nos amis coiffeurs ainsi que les vendeurs de chaussures seraient, on l’imagine aisément, en droit de se demander pourquoi ces restrictions ne toucheraient que leur activité.

Surtout qu’il apparaît à première vue assez évident qu’une bonne partie de ces mesures, notamment en ce qui concerne l’obligation du port d’un masque de protection, du respect de la distance sanitaire ou encore la limitation du nombre de clients admis en même temps à l’intérieur du magasin, devrait s’imposer aussi aux autres commerces, et ce, quels que soient les produits proposés.

Autre interrogation légitime : pourquoi obliger une catégorie de commerçants à procéder à la prise de température corporelle (ce qui suppose qu’ils doivent être équipés d’un thermomètre à infrarouge portatif, et que ledit appareil est disponible en quantité suffisante et à un prix décent), et pas les autres commerces ?

Enfin, nous voyons tous les jours de véritables marées humaines se bousculer dans les marchés, y compris les marchés couverts, sans la moindre observation d’une quelconque précaution sanitaire, et cela ne semble pas inquiéter les autorités administratives outre mesure. A la lumière de ces petits constats, il tombe sous le sens que les questions de santé publique sont avant tout une affaire collective, et qu’elles tiennent davantage à l’implication et l’adhésion de tous qu’à la multiplication des lois et des mesures coercitives.

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