Des manifestants se sont vu retirer leur emblème national : Poursuite des arrestations et solidarité avec les détenus


Vérification d’identité, saisie du drapeau national, interpellations… Les arrestations se sont multipliées, hier dans la capitale, avec la saisie de l’objet du délit : le drapeau national. Au centre-ville, les premiers manifestants qui s’étaient regroupés dans les rues et les places fortes (Audin, Grande-Poste, etc.) ont été interpellés et conduits dans les commissariats de la capitale.

L’engagement des marcheurs a empêché que des policiers gardent les personnes interpellées. Au commissariat de Cavaignac (rue Asselah, Alger-Centre), des jeunes ont été libérés après la forte mobilisation de la foule venue des quartiers de l’ouest d’Alger. En fin de journée, des informations diffusées par le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) et des avocats ont confirmé l’arrestation à Alger-Centre de Abdelhak Mellah, avocat du barreau de Boumerdès. Engagé dans le mouvement populaire, maître Mellah est l’un des partisans du boycott de l’organisation de l’élection présidentielle par le barreau de sa wilaya.

Les arrestations de ces derniers jours ont touché des militants en vue : après Karim Tabbou et Samir Belarbi, la police a arrêté Fodil Boumala, qui a été placé en détention préventive par le juge d’instruction près letribunal de Dar El Beïda (Alger). Il est poursuivi pour les chefs d’inculpation d’«atteinte à l’intégrité du territoire national» et «atteinte à l’unité nationale». Très actif sur le terrain de la contestation, Boumala a rejoint l’ancien commandant de la Wilaya IV, Lakhdar Bouregaâ, et les détenus d’opinion à la maison d’arrêt d’El Harrach. Le fils de Bouregaâ, Hani, participant à la marche à Audin, nous a confié que son père a le moral malgré son état de santé fragile : «Il est devenu plus maigre, mais il garde le moral.»

Marche des familles des détenus

Une vaste campagne a été lancée, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux pour retrouver Garidi Hamidi, âgé de 77 ans, un moudjahid devenu une des «icones» du hirak. Arrêté lors de la marche des étudiants, le frère de Mohamed Garidi, mort au maquis de la Wilaya IV, a été incarcéré à la prison d’El Harrach, précise un post sur Facebook de son fils Hassan. «Garidi Hamidou se trouve actuellement à la prison d’El Harach. Il a été placé en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal de Hussein Dey et non pas celui de Sidi M’hamed. La famille Garidi a eu le permis de visite et a confirmé sa détention avec Rasselema Kader», précise un post du CNLD.  Hier, les familles organisées au sein du CNLD se sont regroupées pour la marche à laquelle a appelé le collectif. Des slogans appelant à la libération des détenus et hostile aux tenants du pouvoir sont lancés par le carré qui s’est regroupé à la rue Didouche Mourad.

Il est à préciser que le juge d’instruction du tribunal de Batna a acquitté trois manifestants arrêtés lors des marches du vendredi pour port du drapeau amazigh. Il s’agit de Hamza Ayachi, Rachid Mebarki et Azzedine Maache. Les deux derniers sont sous contrôle judiciaire pour une semaine, précise le CNLD, qui rappelle que le même tribunal a acquitté Massyl Djahara qui a été auditionne début septembre pour la même cause.

Un autre activiste, Fodil Rahmoune, est convoqué à nouveau par le procureur du tribunal de Kherrata (Béjaïa) pour le mardi 24 septembre, précise le collectif. Rahmoune «a été convoqué le 25 juin passé et suite à la demande de la défense, la date a été reportée au 24 septembre. Fodil Rahmoune est accusé d’‘atteinte à l’unité nationale’ et ‘incitation à attroupement’ en utilisant les réseaux sociaux», précise le CNLD, ajoutant qu’un sit-in devant le tribunal de Kherrata est prévu le même jour, mardi 24 septembre à partir de 9h30.

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