Des experts épidémiologistes appellent à la renonciation au sacrifice du mouton


Aïd El Adha et les risques sur la santé

Cinq experts algériens de renommée, les professeurs Khaled Bessaoud, Leila Houti (épidémiologistes), Noureddine Zidouni (pneumo-phtisiologiste), Mohamed Belhocine (médecine interne) et le Dr Sidi Allel Louazani, épidémiologiste, ont lancé un appel aux autorités du pays pour qu’elles «renoncent» au sacrifice du mouton et «éviter une nouvelle flambée qui compliquerait singulièrement la riposte et annihilerait tous les efforts d’endiguement de la pandémie entrepris jusque-là».

Dans une lettre rendue publique hier, les signataires ont commencé par rappeler les «efforts collectifs» de riposte contre la pandémie liée à la Covid-19, basés, ont-ils précisé, sur cinq fondements : «La gestion de la crise sanitaire au niveau central, suivi de la pandémie au niveau communautaire, protection des structures et du personnel de santé, organisation de l’administration et des traitements médicamenteux, la communication et ses effets sur la relation de confiance du public dans les capacités des institutions à faire face à la situation d’urgence et parvenir à une conclusion satisfaisante

A ce jour, ont noté les experts, «des efforts considérables sont déployés par des professionnels de santé, des services de secours et de sécurité, soutenus par les instructions nationales régionales ainsi que les collectivités locales.

Pourtant, les données du ministère de la Santé, qui font état de 27 000 contaminations, 1155 décès, avec environ 600 nouveaux cas par jour et une hausse des cas graves nécessitants des soins intensifs, tendent à démontrer quotidiennement une alarmante persistance de la circulation du virus parmi la population, mettant à mal l’organisation du système de soins, comme l’atteste la pénurie d’intrants divers signalée ici et là.

Dans toutes les wilayas, nombreux sont les exemples de familles entières atteintes, avec parfois une issue fatale pour les membres les plus fragiles». Pour les experts, «les regroupements lors d’événements à caractère familial, tels que les mariages et enterrements, ou religieux, tel que Aïd El Fitr, ont été pointés comme facteur directement responsable de la flambée épidémique, anéantissant tous les efforts consentis depuis le début de la riposte». A ce titre, ont-ils ajouté, «à l’approche de l’Aïd El Adha, les leçons doivent être tirées de ces récents revers subis.

De ce fait, nous souhaitons en toute responsabilité éviter une nouvelle flambée qui compliquerait singulièrement la riposte et annihilerait tous les efforts d’endiguement entrepris jusque-là». Les experts ont, à la fin, joint leur voix à celle des professeurs en sciences médicales, exprimées à travers une déclaration commune, en date du 15 juillet, «pour plaider en faveur d’une renonciation au sacrifice du mouton».

Pour eux, «surseoir à la célébration de cette fête sera un geste de respect à la mémoire des victimes de la Covid-19 et de solidarité avec les personnels soignants, qui ont droit au repos, car épuisés par les gardes médicales, la séparation avec leurs familles et l’angoisse de la contamination».

Post Views: 17