Des changements et des interrogations


La présidence a procédé à un remaniement ministériel

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé, avant-hier, à un remaniement ministériel, moins de six mois après sa nomination. Deux des cinq ministères régaliens ont été touchés, en l’occurrence les Finances et l’Energie. Par ailleurs, le nombre des membres du gouvernement, entre ministres, ministres délégués et secrétaires d’Etat, n’a pas diminué, il a même augmenté.

Abderrahamane Raouya a quitté le gouvernement, laissant sa place, à la tête du département des Finances, à Aymen Benabderrahme, jusque-là gouverneur de la Banque d’Algérie. Mohamed Arkab, à l’Energie, a été «muté» vers le département des Mines qui était, dans le gouvernement du 2 janvier, associé à l’Industrie.

C’est l’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, qui l’a remplacé à ce poste. Ainsi, quelques ministères ont été «fractionnés». Dans ce cas précis, Ferhat Aït Ali s’est donc vu retiré les «Mines» pour ne s’occuper que de l’«Industrie».

D’autres ministères tout aussi importants ont également été touchés. On peut citer celui de l’Enseignement supérieur, désormais aux mains de Abdelbaqi Benziane, Chitour ayant été «affecté» à la «Transition énergétique et des Energies renouvelables», son domaine de prédilection.

Là aussi, Nassira Benharrats s’est vu retiré «les Energies renouvelables» pour ne s’occuper que de l’«Environnement».

Il y a eu également l’arrivée de Lazhar Hani au département des Transports, enlevé à Farouk Chiali, qui se retrouve désormais seulement avec celui des Travaux publics.

Beaucoup d’Algériens se demandent pourquoi il y a eu ce remaniement. Les ministres écartés ont-ils subi ce sort parce qu’il y a eu insuffisance de résultats ?

Ils n’ont pas eu beaucoup de temps pour être «jugés». A peine installés, il y a eu la crise sanitaire liée au coronavirus et, par conséquent, le confinement. Ou s’agit-il d’un changement de cap en matière d’orientation économique, par exemple ?

Le profil des nouveaux ministres ne plaide pas en faveur de cette dernière supposition, même si, dans le cas de Attar, avec la chute des prix du baril, certains diront que son expertise et sa longue expérience pourront être un atout. Les nouveaux ministres n’ont pas également de «couleur» politique.

Il faut peut-être attendre la conférence de presse périodique du porte-parole de la Présidence, Belaid Mohand-Oussaid, pour en savoir plus, même si les autorités n’ont pas l’habitude de «justifier» les remaniements ministériels.

A noter, par ailleurs, qu’il y a eu aussi des changements au niveau des ministères nouvellement créés. Yassine Djeridene, ministre de la Micro-entreprise, des Start-up et de l’Economie de la connaissance, est parti. Le département a été scindé en deux.

Nassim Diafat, qui était ministre délégué chargé des Incubateurs, devient ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Micro-entreprises, alors que Yacine El Mahdi Oualid est nommé ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Economie de la connaissance et des Start-up.

Par ailleurs, Bachir Messaitfa a aussi quitté le gouvernement, lui qui était ministre délégué chargé des Statistiques et de la Prospective.

Il est remplacé par l’économiste Mohamed Cherif Belmihoub, qui devient ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective. Le ministère délégué chargé de l’Agriculture saharienne et des Montagnes, portefeuille détenu par Foued Chehat, a également sauté.

Tout comme le secrétariat d’Etat chargé de la Production culturelle, portefeuille détenu par Salim Dada. Ce dernier, pour rappel, avait fait parler de lui en mai dernier, lorsqu’il s’est déplacé dans un quartier d ‘Alger-Centre, où une fresque avait été vandalisée.

Si l’acte avait été commis quelques mois auparavant, la vidéo diffusée la veille de son déplacement avait fait le buzz. Beaucoup de citoyens s’étaient soulevés contre le saccage de ladite fresque.

Devant la caméra de la Télévision nationale, Salim Dada avait condamné l’acte et avait promis des poursuites. Ce qui a eu lieu. Le mis en cause avait même été arrêté avant d’être présenté devant un juge qui l’a relâché, même si l’affaire suit son cours.

En dernier lieu, il est utile de souligner que le département chargé de la Communauté nationale à l’étranger a changé de main.

Rachid Bladehane, qui était secrétaire d’Etat chargé de la Communauté nationale et des Compétences à étranger, a été remplacé par Samir Chaâbana, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Communauté nationale à l’étranger.

D’ailleurs, certains n’ont pas tardé à faire remarquer que celui-ci, il y a quelques années en tout cas, avait reconnu qu’il était aussi détenteur de la nationalité française, alors que la Constitution algérienne interdit, depuis 2016, aux binationaux 15 hautes fonctions de l’Etat. A moins que celui-ci y ait renoncé depuis.

Par ailleurs, Noureddine Morceli, secrétaire d’Etat chargé du Sport d’élite, a également quitté ses fonctions.

Il a été remplacé par l’ancienne judokate Salima Souakri. En tout cas, la logique justifiant ces changements n’est pas lisible pour l’heure. Il faudra attendre quelques jours, éventuellement, pour y voir plus clair. 

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