Déferlement populaire à Bouira : «Libérez Karim Tabbou et tous les détenus d’opinion !»


La rue a crié, encore une fois, sa colère pour le 30e vendredi consécutif de mobilisation, exigeant le départ des tenants du pouvoir incarné par un seul homme, le général Ahmed Gaïd Salah. La manifestation d’hier était la plus forte et la plus massive depuis le début de l’insurrection populaire du 22 Février.

Une mobilisation exemplaire de pacifisme et de civisme. Une marée humaine a défilé en début d’après-midi d’hier, dans les rues de la ville de Bouira. Dénonçant l’arrestation et l’incarcération du porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS), Karim Tabbou, la foule a déployé en force des pancartes appelant à la libération du militant et opposant politique : «Je suis Karim Tabbou», «Hier la justice du téléphone, aujourd’hui, celle du talkie-walkie», «Nous sommes tous des Tabbou et des Debbouz», «Système dégage. Libérez les détenus, Tettnahaw ga33», «Libérez Karim Tabbou»….

Les manifestants ont scandé aussi des slogans appelant à la libération de l’ancien premier secrétaire du front des Forces socialistes (FFS). D’autres lançaient : «Allah Akbar, Karim Tabbou !».

La mobilisation d’hier était également une réplique populaire aux sorties «outrancières» de celui qui continue d’ignorer les revendications des Algériens, le général Ahmed Gaïd Salah.

L’alternative «suicidaire» d’imposer l’élection présidentielle a été rejetée massivement par le peuple. «Pas de vote avec la 3issaba» (Pas de vote avec la bande). «Je préfère être maire dans n’importe quelle APC, élu par le peuple, que président de la République désigné par des généraux» (citation du défunt leader politique Hocine Aït Ahmed).

Le général AGS a été de nouveau critiqué sévèrement par la foule, qui a vibré avec des slogans et brillé avec des montages photos : «L’armée est la nôtre, Gaïd est notre ennemi», «Gaïd Salah, le pacifisme est notre arme»…

A préciser que la manifestation s’est déroulée dans le calme sans aucun incident ni «intimidation» policière.

La foule a sillonné la ville en marquant une halte devant le siège du FLN, appelant à sa dissolution, puis s’est rassemblée sur la grande place, devant la maison de Culture Ali Zamoum, avant de se disperser dans le calme.

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