Débat autour de la mouture de révision de la Constitution : «Le coronavirus a bouleversé le planning établi !»


Ce lundi, une délégation du comité d’experts chargé de la révision de la Constitution, à sa tête le professeur Ahmed Laraba, a présenté au président de la République un exposé sur les travaux du comité et la méthode adoptée dans l’étude des propositions relatives à l’avant-projet de la mouture de la Constitution.

Le projet de révision de la Constitution sera prêt au plus tard d’ici le début de l’été», avait promis il y a quelques mois le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Cette promesse ne sera pas tenue et le débat autour de ce projet est tributaire aujourd’hui de l’évolution de la situation sanitaire dans le pays. La pandémie de Covid-19 a chamboulé le planning établi et les cas de contamination repartent ces jours-ci à la hausse à une vitesse vertigineuse. Ce qui n’est pas fait pour arranger les choses !

Ce lundi, une délégation du comité d’experts chargé de la révision de la Constitution, à sa tête le professeur Ahmed Laraba, a présenté au président de la République un exposé sur les travaux du comité et la méthode adoptée dans l’étude des propositions relatives à l’avant-projet de la mouture de la Constitution.

Cette information a été rendue publique par la présidence de la République. Dans le communiqué, les services de la Présidence se sont contentés de préciser que le document renferme près de 2500 propositions émanant de personnalités nationales, de leaders de parti politique, de syndicats et de représentants de la société civile.

Contactés pour avoir des détails sur cette rencontre et sur le devenir de ce projet, ni la Présidence ni le comité d’experts n’ont voulu s’exprimer sur le sujet. «Le comité est le plus habilité à communiquer sur le projet», nous dit une source proche de la Présidence, une manière de refiler la patate chaude au comité.

Pour sa part, le président du comité n’a pas voulu faire de déclaration, nous invitant à nous référer au communiqué de la Présidence. D’aucuns estiment que le calendrier initial a été bouleversé et pour l’heure aucune date n’a été fixée pour l’entame du débat sur la Loi fondamentale du pays.

De leur point de vue, tant que la situation sanitaire n’est pas claire, il est difficile de se prononcer ou de prendre des décisions. «De plus, il est très difficile de convaincre les citoyens d’aller aux urnes dans un contexte aussi critique», avertissent les élus.

Les partis et les acteurs politiques ayant participé à l’enrichissement de la mouture de révision de la Constitution à travers plusieurs propositions sont dans l’expectative. «Nous avons remis nos propositions, mais nous n’avons aucune information sur les prochaines étapes. Ni sur les propositions retenues par le comité.

Est-ce que le projet sera soumis au Parlement le mois de septembre ? Le référendum aura-il lieu au mois de novembre ? Ce sont autant de question que la classe politique et les personnalités nationales se posent», affirme Soufiane Djillali. D’autres partis s’interrogent sur le contenu de la nouvelle mouture ! «Nous n’avons aucune idée sur le contenu de la nouvelle mouture revue et corrigée», affirment-ils.

Toutefois, nombreux sont les parlementaires qui pensent que la mouture de révision de la Constitution sera probablement débattue à l’APN dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire, prévue pour le 2 septembre, ou alors avant même cette date. «Il est fort probable que le gouvernement convoquera une session parlementaire une semaine avant la fin du mois d’août et pourra ainsi convoquer le référendum pour la fin octobre», note un élu.

A rappeler que le comité d’experts a recueilli la majorité des propositions des différents acteurs de la société civile, il a achevé leur étude et a fait la synthèse avant d’agencer l’ensemble de ces suggestions et a élaboré une mouture finale, qui sera soumise aux parlementaires puis à un référendum populaire.

Post Views: 51