Cri de détresse du personnel soignant à Tizi Ouzou : «Le risque de contamination est omniprésent»


La situation devient de plus en plus inquiétante dans la wilaya de Tizi Ouzou, où le nombre de contaminations à la Covid-19 ne cesse d’augmenter de manière vertigineuse.

Les établissements de santé ne peuvent plus répondre à cette propagation rapide du virus. Le personnel soignant est, d’ailleurs, dépassé. «On n’hospitalise que les malades qui ont besoin d’oxygène et qui présentent des symptômes importants. Les autres, on leur conseille le confinement à la maison avec un traitement symptomatique», a déclaré le Dr Karim Allouche, médecin spécialiste au service de pneumologie de l’unité Belloua du CHU Nedir Mohamed.

Là aussi, la prise en charge des patients est un véritable calvaire pour le personnel de ce service d’une capacité de 27 lits qui sont totalement occupés.

Il y a des malades hospitalisés même dans les couloirs du service qui est vraiment saturé. Notre interlocuteur nous précise que les personnes hospitalisées en raison de leur contamination au virus Covid-19 sont originaires, pour la plupart, de Draâ Ben Khedda et  de la commune de Tizi Ouzou.

«Depuis la levée du confinement sanitaire, il y a eu une augmentation inquiétante du nombre de contaminations. Et cela est dû au non-respect des mesures barrières. Il y a ceux qui ne croient plus à la maladie en question. Ils ne veulent même pas consulter», a ajouté le même praticien qui a expliqué également que la transmission du virus se fait généralement dans la famille et dans les milieux de travail. «Le contact favorise beaucoup la propagation du virus», a-t-il souligné.

Oui, il y a lieu, en outre, de noter qu’il y a des établissements publics où des personnes atteintes de la Covid-19 sont signalées. Il s’agit, entre autres, de l’agence postale de la Nouvelle ville de Tizi Ouzou et d’une agence BDL, au centre-ville du chef-lieu de wilaya.

Il est aussi important de préciser que 27 nouveaux cas, dont deux décès, ont été enregistrés, samedi, dans la wilaya de Tizi Ouzou, où la commune du chef-lieu et celle de Ain El Hammam viennent en tête du classement avec respectivement 9 et 5 cas de contamination au coronavirus.

Cette situation pèse lourdement, notamment sur les personnels soignants du CHU Nedir Mohamed et d’autres EPH à travers la wilaya de Tizi Ouzou, qui lancent quotidiennement un véritable cri de détresse pour sensibiliser les citoyens à respecter les mesures de prévention afin de freiner la contagion qui a atteint même le corps soignant.

D’ailleurs, pour rappel, des dizaines de personnes, entre médecins, paramédicaux, pharmaciens et agents de soutien, ont été contaminées au coronavirus dans la wilaya de Tizi Ouzou. Même les soignants d’autres services appréhendent la contagion, vu qu’il y a des malades chroniques qui sont contraints de se déplacer au CHU.

Et parfois, c’est la confusion totale dans la mesure où on peut trouver des gens suspectés porteurs de virus qui sont en contact avec les autres. C’est le cas, selon un médecin, du service des urgences. «Il est difficile de travailler dans ces conditions.

C’est vraiment facile de trouver une personne contaminées au milieu d’autres qui ne sont pas contaminées. Déjà, les parents de malades circulent normalement, parfois, sans bavette», nous confie-t-il, tout en précisant qu’il y a des malades et des membres de leurs familles qui n’arrivent pas à croire au diagnostic du patient.

«Je ne vous cache pas, j’ai toujours eu peur de venir faire ma garde aux urgences, car les gens deviennent agressifs, surtout lorsqu’on leur annonce qu’ils sont suspectés porteurs du virus.

C’est vraiment insupportable»,  a expliqué le même médecin. Toujours au CHU Nedir Mohamed, les insuffisants rénaux aussi sont exposés continuellement au risque de contamination, puisqu’ils sont obligés de faire leurs séances d’hémodialyse. «Il y a environs 115 malades dialysés, dont deux sont suspectées porteurs du virus Covid-19», nous informe-t-on.

Mêmes appréhensions chez les patriciens des autres services qui sont obligés de prendre en charge des patients contaminés. «Il y a des chirurgiens qui ont fait des interventions à des malades qui, deux jours après, ont commencé à avoir les symptômes de coronavirus. Le risque de contamination est omniprésent», lance un médecin.   

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