Covid-19 : Le masque n’est pas porté par tous 


Pour lutter contre la propagation de la pandémie de coronavirus, l’Algérie a décidé, le 14 mai dernier, de rendre obligatoire le port du masque.

Mais cette mesure barrière est-elle respectée par tout le monde dans les espaces publics, notamment les rues, les marchés et les commerces ? Est-ce que ces masques sont disponibles et leur prix est-il accessible à tous ?

Certes, beaucoup d’Algériens ont pris conscience de l’importance de porter un masque et tentent de s’adapter à cette nouvelle obligation, mais pas selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans les rues de la capitale, une personne sur trois ne porte pas cet accessoire. Un jeune ne supportant pas, dit-il, le masque, l’a accroché au bouton de sa chemise comme un étendard, alors que son copain, lui, l’a suspendu à la ceinture de son pantalon, comme un porte-clé. Ils sont nombreux aussi à le fixer carrément sur le front ou sous le menton.

La scène la plus choquante est celle d’un jeune qui prête son masque à son ami pour qu’il puisse entrer dans une supérette où le gérant fait du port de bavette son cheval de bataille ! «Je suis abasourdi de voir tous ces gens qui ne portent pas de bavette. Des jeunes se les échangent aussi pour pouvoir rentrer dans des lieux publics comme les commerces, les postes ou les mairies. C’est très grave ! Où sont les sanctions contre les contrevenants ?» se demande le propriétaire du commerce.

Ces jeunes sont-ils conscients de la gravité de ce geste ? Interrogé, le jeune répond : «Mon ami n’a pas le coronavirus, de surcroît il ne supporte pas le port de la bavette. Idem pour moi. Depuis le début de l’épidémie, j’ai acheté un seul masque que je garde dans ma poche en cas de besoin.» Dans la rue, les citoyens qui ne portent pas de masque ne sont pas interpellés par les forces de l’ordre.

Un policier estime qu’il ne peut malheureusement pas arrêter chaque personne sans masque dans la rue pour lui faire la leçon. «Nous essayons de sensibiliser les citoyens, notamment les jeunes, mais dès que l’on tourne le dos, ils enlèvent le masque. Le port de cet accessoire est la responsabilité de chacun. Il est impossible d’avoir un policier derrière chaque Algérien», explique-t-il.

Faut-il rappeler que les sanctions contre le non-port du masque dans les espaces publics durant cette crise sanitaire sont prévues par le code pénal et les contrevenants s’exposent jusqu’à cinq ans de prison et 500 000 DA d’amende. Ils sont nombreux à ne pas supporter le port du masque en cette période de forte chaleur. Les personnes âgées ou malade ont des difficultés à porter le masque.

«Il est assez pénible et gênant de le porter, je le mets le matin et au bout d’une demi-heure je suffoque, alors je le descends sur le menton pour mieux respirer avant de le remettre», affirme un homme d’un certain âge. Les plus sages, en dépit de toutes les contraintes, portent le masque pour se protéger et protéger les autres. «Certaines personnes prennent les choses à la légère.

Personnellement, je le porte partout dès que je sors de la maison. Chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais moi je préfère garder mes distances. Je confectionne dans un atelier des bavettes que nous distribuons gratuitement», assène Fatiha. Par ailleurs, le prix du masque n’est pas à la portée de tous. Beaucoup se plaignent de sa cherté, ce qui les dissuade entre autres à le porter.

Dans les pharmacies, les masques en tissu (lavables) sont proposés à 300 DA, alors que les jetables sont toujours à 50 DA l’unité. Les pouvoirs publics ont pourtant annoncé que les bavettes et autres masques seront disponibles à des prix ne dépassant pas les 40 DA.

Néanmoins, aujourd’hui, des dizaines de centres de formation ont été transformés en ateliers pour la fabrication des masques, certains ne répondent pas à 100% aux normes édictées par l’OMS, mais pour les spécialistes, «c’est mieux que rien». Des associations sont chargées de distribuer ces masques dans les quartiers et dans les lieux publics.      

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