Condamné pour offense à l’islam : Le chercheur Saïd Djabelkhir menacé de mort


Je ne me sens plus en sécurité», nous dit au téléphone Saïd Djabelkhir. L’islamologue condamné récemment pour «offense à l’islam» fait face à une avalanche de messages haineux et de menaces de mort. «Je reçois des menaces de mort sur ma messagerie privée de Facebook. Je tenais à rendre publique cette affaire afin de mettre tout le monde devant ses responsabilités s’il devait m’arriver quelque chose», affirme Saïd Djabelkhir, en précisant qu’une plainte sera déposée incessamment.

Il nous lit un petit échantillon des messages reçus : «Nous t’attendons en prison pour te régler ton compte», «Nous t’aurons bientôt ennemi de Dieu et suppôt de Satan». Les messages sont parfois accompagnés de photos de hache ou autres objets tranchants. «Il y a aussi une vidéo qui circule dans laquelle un individu parle à visage découvert et appelle à mon exécution. Ladite vidéo dure une heure», dit Djabelkhir.

«Nous allons déposer une plainte auprès du procureur du tribunal d’Alger de Sidi M’hamed pour menaces de mort, diffamation et incitation à la haine», a déclaré Me Moumen Chadi, son avocat. «Saïd Djabelkhir a reçu plusieurs messages de menaces sur Facebook», a ajouté Me Chadi, en précisant que de nombreux comptes étaient anonymes, mais que quatre étaient «identifiables».

Le chercheur reçoit ces messages depuis le dépôt d’une plainte à son encontre par un enseignant universitaire de la faculté de Sidi Bel Abbès, soutenu par sept avocats. Il a été condamné le 22 avril à trois ans de prison ferme, sans mandat de dépôt, par le tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

Il lui est notamment reproché plusieurs publications sur sa page Facebook concernant, entre autres, le rituel autour de la Kaaba, à La Mecque, la consommation de l’urine de chameau, «l’allaitement» d’adultes et le mariage des petites filles. Des opinions, qui, selon lui, reposent sur des recherches confirmées par de nombreux savants de l’islam.

Sa condamnation a suscité une vive indignation de la part d’hommes politiques, d’universitaires ainsi que des internautes sur les réseaux sociaux. Elle est considérée comme une criminalisation de la recherche académique et une atteinte à la liberté de conscience.

Le chercheur, spécialiste du soufisme, s’est défendu d’avoir «porté atteinte à l’islam», religion d’Etat en Algérie, assurant qu’il avait seulement fait part de «réflexions académiques».

La loi algérienne punit de trois à cinq ans d’emprisonnement et/ou d’une amende «quiconque offense le Prophète ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen».


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