Condamné en appel hier à une année ferme : Karim Tabbou restera en prison…


Le procès en appel de Karim Tabbou été programmé, à la surprise générale, à la cour de Ruisseau d’Alger, alors que les avocats de la défense n’ont pas été informé, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

L’opposant politique Karim Tabbou a été condamné, hier, en appel, à un an de prison ferme par le juge de la cour de Ruisseau (Alger), lors d’un procès expéditif marqué par son absence et sans que ses avocats ne soient informés.

Avec cette condamnation, il ne sortira pas de prison demain et doit attendre encore 6 mois de plus. Le procès en appel de Karim Tabbou été programmé à la surprise générale, par la cour de Ruisseau d’Alger, alors que les avocats de la défense n’ont pas été informé, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

«Il s’agit d’un appel interjeté par le procureur du tribunal de Sidi M’hamed d’Alger sur le verdict de la relaxe de Karim Tabbou prévue pour jeudi prochain (demain, ndlr)», a ajouté la même source.

Karim Tabbou a refusé qu’il soit jugé sans la présence de la défense. Devant le juge, le porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS) a été pris d’un malaise. «Karim Tabbou a eu un pic de tension. Il est tombé par terre en raison d’une paralysie de ses membres et de sa bouche.

Il été transféré dans une infirmerie et le juge veut tout même maintenir le procès», a alerté Me Abdelghani Badi, membre du collectif de défense, dans un post publié sur Facebook.

Pour sa part, Djaafar Tabbou a affirmé que son frère se trouvait «en danger de mort». Le procureur général a refusé de recevoir les avocats venus pour s’enquérir de l’état de santé de Karim Tabbou, selon Me Abdelghani Badi. Un bras de fer entre les avocats et le juge a eu lieu pour demander, en vain, le renvoi.

L’annonce de cette condamnation a suscité une vague d’indignation, à commencer par Abdelghani Badi, qui a dénoncé de nombreuses violations des procédures pénales. «La condamnation de Karim Tabbou restera comme une tache honteuse dans l’histoire de la justice algérienne.

Ce procès n’est pas équitable et est illégal. Nous n’allons pas nous taire face à ces violations des procédures pénales et de la Constitution. Nous allons engager des poursuites contre ceux qui prononcé cette condamnation», a-t-il fustigé, après l’annonce du tribunal.

«Ce qui s’est passé à la cour de Ruisseau est un précédent grave, qui s’ajoute à tous les dysfonctionnements et égarements du système judiciaire algérien, qui visiblement n’arrive pas à se libérer de l’emprise du pouvoir exécutif», s’est indignée, quant à elle, la LADDH, dans un communiqué, signé par son vice-présideet, Saïd Salhi.

Pour sa part, Mohcine Belabbas, président du RCD, a dénoncé un «scandale» et «une première» dans les annales de la justice.

«Le pouvoir de fait veut exploiter la crise sanitaire que traverse le pays pour s’acharner contre les détenus d’opinion et politiques, croyant ainsi mettre fin au hirak (…) Après cette crise, nous reviendrons dans la rue et nous exigerons que les détenus d’opinon soient libérés et rétablis dans leurs droits», a-t-il affirmé, à partir du tribunal d’Alger.

Placé en détention une première fois le 12 septembre 2019 après avoir été inculpé «d’atteinte au moral de l’armée» par un tribunal, Karim Tabbou avait été remis en liberté le 25 septembre.

A nouveau arrêté dès le lendemain, il a été inculpé d’«incitation à la violence» et une nouvelle fois incarcéré. Figure de proue du hirak,  Tabbou a été condamné à une année de prison, dont six mois ferme et une amende de 50 000 DA le 11 mars dernier.

Il était poursuivi pour «atteinte au moral de l’armée» et «atteinte à l’unité nationale». Le chef de l’UDS devait sortir de prison demain, alors que son second procès a été renvoyé au 6 avril au tribunal de Koléa, à Tipasa, à la demande du collectif des avocats de la défense.

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