Centres de référence Covid-19 : Médecins et infirmiers exposés à Constantine


Besoin urgent de barboteurs humidificateurs d’oxygène pour nos malades.» C’est l’appel lancé, vendredi, par le Pr Yassine Kitouni, du service de médecine interne du CHUC Dr Ben Badis.

Equipement indispensable pour les malades Covid et qui fait défaut actuellement dans au moins deux centres de référence, selon des sources hospitalières. S’il en vient à manquer, c’est que la situation est critique. Le nombre de cas sévèrement atteints ou en réanimation est forcément en hausse.

Les dernières statistiques, celles de samedi, attestent de 13 nouvelles contaminations, cumulant ainsi 544 cas positifs. Ce qui conforte la wilaya dans sa 5e position sur la liste du décompte national. «Le dépistage systématique des sujets contacts même asymptomatiques et chez le personnel soignant explique aussi la hausse des cas Covid-19 confirmés. La mortalité reste relativement stable», analyse un médecin du service Covid du CHUC.

«On est submergés. Nos collègues sont touchés…des malades meurent par faute de moyens de réanimation et de coordination avec la seule ‘‘réa’’ de Constantine…», rétorque sa consœur de l’EH de Didouche Mourad. Le débat sur les chiffres réels des contaminations et des décès n’est pas prêt de s’essouffler.

Le dépistage à la PCR est sujet à controverse. Le peu de cas actuellement à Constantine est imputé au manque de tests. L’antenne de l’Institut Pasteur n’en aurait pas effectués pendant plusieurs jours en raison du manque de réactifs, est-il soutenu. Autre indicateur de la gravité de la situation, la contamination en sensible augmentation au sein des personnels médical et paramédical. Les trois centres de référence sont touchés, mais au CHUC, la situation frise l’alarmisme.

Le service d’hématologie a été contraint de suspendre les transfusions sanguines aux malades de thalassémie en raison de la contamination de membres du personnel.

«Dans mon service d’hématologie, absolument tous les médecins, paramédicaux, et encore plus grave, les patients ont été contaminés par la Covid et cela dans l’indifférence générale», précise le Dr Kamel Ben Salah, résident de 4e année dans ce même service, positif symptomatique à la Covid, actuellement en isolement. Le centre anticancer a lui aussi fermé ses portes pour des raisons similaires.

La première catégorie de malades qui souffrent d’une pathologie héréditaire est certes pénalisée. La seconde l’est davantage, sachant qu’elle afflue de toutes les régions de l’est du pays. Et de s’interroger sur le rôle de la commission médicale censée élaborer les statistiques et gérer les besoins.

Lors d’une réunion des syndicats du secteur, à savoir le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), le Syndicat des praticiens de la santé publique (Snpsp) et celui des paramédicaux (Sap), tenue au mois de mai, avec la commission de la santé de l’APW, il a été question du dépistage des effectifs hospitaliers, de la désinfection des différents services, particulièrement ceux dédiés au scanner, ainsi que la disponibilité des équipements de protection, entre autres. A fortiori, très peu de doléances auraient été satisfaites.

La direction du CHUC, quant à elle, s’est contentée d’un message de soutien et de prompt rétablissement adressé aux membres du personnel malades. 

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