Célébration d’un mariage gay à la nouvelle ville de Constantine : Des peines de prison ferme prononcées à l’endroit des auteurs


Le tribunal de Khroub a condamné, jeudi, les deux principaux mis en cause dans la célébration d’un mariage gay, en juillet dernier, à trois ans de prison ferme. Plusieurs autres personnes impliquées et appartenant à la même communauté ont écopé d’une année d’emprisonnement.

Les faits remontent au 24 juillet dernier. Dans l’après-midi de ce vendredi, la gendarmerie, agissant sur renseignements, investit un appartement d’une cité AADL à l’extension ouest de la nouvelle ville Ali Mendjeli, à 22 km de Constantine. Des riverains les ont alertés sur une mobilité inquiétante et une présence en nombre de personnes, venues de plusieurs wilayas. Les éléments de ce corps constitué sont intervenus en raison de l’interdiction des rassemblements en cette période de crise sanitaire.

Les occupants des lieux, interceptés ce jour-là, plus d’une quarantaine, s’apprêtaient, semble-t-il, à célébrer un mariage. Originaires de Souk Ahras, Biskra, Tipasa, Annaba, Boumerdès et El Tarf, ces derniers furent interpellés au motif, entre autres, d’«outrage à la pudeur» et de «transgression des dispositions sanitaires» en organisant un rassemblement en période de pandémie et «non-respect des mesures préventives».

Le juge instructeur a placé les deux principaux mis en cause en détention provisoire et les autres sous contrôle judiciaire. Dès la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux, les internautes s’en sont emparés en donnant libre cours à l’interprétation des faits.

Le discours inquisiteur a éclipsé toute rationalité dans le traitement de ce fait divers, qui serait passé sous silence n’était la «particularité» des personnes interpellées.

Cette levée de boucliers virtuelle s’est vraisemblablement manifestée envers ledit rassemblement pour de mauvaises raisons. Les faits ont été présentés telle une tentative de dépravation de la société par des internautes, allant jusqu’à suggérer le genre de châtiment à infliger à ses auteurs.

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