Canada : une infirmière algérienne raconte son parcours d’immigration

La pénurie de main d’œuvre dans le secteur de la santé est l’un des défis auxquels le Canada fait face. En effet, pour cadrer cette crise, le gouvernement canadien a choisi de faire appel à l’immigration et la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes.

Dans ce sillage, le Québec a lancé, en 2021, une compagnie de recrutement à l’international, de 1000 infirmiers, en mesure de travailler, de s’installer au Canada. Les 200 premiers candidats sont venus de la Tunisie, du Maroc, du Cameroun, de l’Ile Maurice et de l’Algérie et ont déjà commencé leur formation prescrite par l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec. À l’issue de cette formation, ces infirmiers obtiendront le droit d’exercer au Québec, puis la possibilité de faire venir leurs familles au Canada, qui recevront à leur tour un permis de travail ouvert, selon l’annonce faite en février 2022.

C’est le cas aussi de Hayat T qui a choisi de quitter l’Algérie pour poursuivre sa carrière d’infirmière à Gaspésie.

Une infirmière algérienne part à la rescousse du système de santé au Québec

Hayat a commencé à songer à l’immigration suite à la crise Delta du covid-19, dans un témoignage au Journal du Québec, elle raconte qu’à défaut de moyens, elle n’avait jamais pensé à l’immigration auparavant. Bachelière, en Algérie, Hayat a travaillé pendant six ans en tant qu’infirmière en oncologie, en privé, et en cardiologie dans le public.

Hayat, célibataire et fille unique, raconte qu’elle n’avait pas informé ses parents de ses démarches jusqu’à l’obtention de son poste en Gaspésie. Alors qu’elle s’attendait à un refus, la demande et les entrevues ont été faites rapidement par le CISSS de la Gaspésie. Tout est réglé en neuf mois.

Malgré les nombreux obstacles rencontrés lors de ses démarches, la jeune femme de 29 ans n’a pas renoncé à son rêve. Elle raconte que le facteur de la langue l’a beaucoup aidé à prendre sa décision. Hayat rappelle également, qu’un ami à elle l’avait mis en contact avec une personne établie dans cette région pour pouvoir trouver un toit où se loger. Et échapper à la crise qui touche également la Gaspésie.

En plus du manque de logement dans cette région, les conditions climatiques différentes, Hayat a constaté que ce qui diffère également est le code déontologique et les valeurs de pratique de ce métier. Aujourd’hui, cette Algérienne doit suivre une formation de 915 heures, accordées par le Cégep de la Gaspésie et des iles. Et ce, avant de pouvoir reprendre sa pratique à l’hôpital de Gaspé. Hayat travaille également, à temps partiel, comme préposée aux bénéficiaires durant cette formation.

Hôpital de Gaspé en Gaspésie

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