Boumerdès : Le chef de daïra contourne la loi pour calmer le Hirak


Les manœuvres autocratiques en vogue durant l’ère Bouteflika sont toujours de mise à Boumerdès. Au moment où d’aucuns espéraient voir le nouveau chef de daïra (Mohamed Messahel) de cette circonscription agir pour alléger les souffrances des citoyens face aux lourdeurs bureaucratiques, lui se complaît à pérenniser les procédés qui ont fait sortir des milliers d’Algériens dans la rue depuis le 22 février dernier.

Ce commis de l’Etat pense détenir la recette magique pour calmer et détourner l’attention des milliers de citoyens boumerdassis qui sortent en masse chaque vendredi dans la rue réclamer une rupture radicale avec le système et ses pratiques. «Je vais leur demander de renouveler les dossiers de logement et ils vont vite oublier le hirak», aurait-il lancé à un des ses collaborateurs patentés.

Son zèle le pousse ainsi à pondre une annonce dont le contenu constitue une entorse flagrante à la loi. M. Messahel, qui semble bien appuyé en haut lieu, invite les mal-logés de la commune à renouveler leurs dossiers de demande de logement alors qu’aucun programme d’habitat n’est prêt à être attribué. Les projets des 300 et 740 appartements n’ont pas dépassé le stade des gros œuvres.

Plus grave encore, les demandeurs ont été invités à déposer leurs dossiers au niveau d’une antenne administrative de l’APC et non auprès de la commission de daïra comme le prévoit l’article 7 du décret 08/142 du 11 mai 2008. Depuis dimanche dernier, des milliers de chefs de famille (plus de 10 000 demandeurs de logement) prennent d’assaut chaque matin les services de l’état civil, de la Cnas et de la Casnos pour refaire ce qu’ils avaient fait il y a une année ou plus. Pendant ce temps, le siège de la daïra reste désert à longueur de journée en raison, notamment, du transfert en 2016 des services de biométrie et de la carte grise vers l’APC.

Depuis, les citoyens y vont juste pour récupérer leurs permis ou déposer une déclaration de perte de la CNI ou du passeport. Malgré cela, les autorités locales ont dégagé récemment près de 10 millions de dinars sur le PCD de la commune de Boumerdès pour bien aménager cette infrastructure et la doter de caméras de surveillance.

Cela se passe au moment où plusieurs quartiers de la ville sont dépourvus d’éclairage public et de conduites d’assainissement. Pis, le projet a été octroyé de gré à gré sur insistance du nouveau chef de daïra, comme s’il s’agissait d’une urgence pressante.

Outre les doutes qui pèsent sur les conditions d’octroi du marché, certains citoyens assimilent le projet à une opération de dilapidation de deniers publics passible de poursuites judiciaires.

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