Boumerdès : Des villages menacés par les flammes


Plusieurs localités de la wilaya de Boumerdès étaient en proie aux flammes durant ces dernières 48 heures. A Timezrit, de nombreux villageois ont dû fuir leurs habitations à cause de l’avancée fulgurante des feux de forêt.

«Il y a eu cinq incendies sur le territoire de notre commune. Des habitants d’Aït Ali Loukil et d’Aâmouch ont dû leur salut grâce à la mobilisation de la population. Les pompiers ont mis plus d’une heure et demie pour arriver des Issers.

Nous avons fait une demande au wali pour affecter une équipe de la Protection civile et un camion-citerne à notre municipalité durant la saison estivale, nous attendons sa réponse», a-t-on souligné, en rappelant les risques qui planent sur les habitations situées à l’orée des maquis, comme c’est le cas à Abbad, Izrarathen, Rouafaâ, etc.

La catastrophe a été évitée in extremis aussi à Sidi Daoud et Ouled Aissa où des habitants ont déploré l’incendie de deux bicoques servant au stockage du foin. M. Benamane, responsable à la conservation des forêts, fait état de 7 départs de feu qui ont été enregistrés avant-hier à travers la wilaya. Selon lui, au moins 110 ha de couvert végétal ont été dévorés par les flammes depuis le début de la saison estivale.

A Timezrit, de vastes champs d’oliviers et des vergers ont été détruits, ce qui a suscité la colère de leurs propriétaires qui se demandent s’ils auront droit à des indemnisations, d’autant que le travail de la terre constitue leur principale source de revenus.

Comme d’habitude, les causes de ces incendies ravageurs risquent de ne jamais être identifiées. L’année dernière, au moins 86 plaintes ont été déposées contre x par les services des forêts, mais les enquêtes de la gendarmerie n’ont abouti à rien. Il est vrai que la lutte contre les feux de forêt doit être l’affaire de tous, mais force est de constater que les moyens mobilisés par l’Etat pour ce faire s’avèrent parfois insuffisants.

A Boumerdès, la conservation des forêts dispose de cinq camions-citernes (CCFL) et six postes vigiles uniquement, alors que son patrimoine s’étend sur 22 591 ha, soit 15% de la surface de la wilaya.

Un patrimoine qui se rétrécit au fil des années en raison de la déforestation et autres dépassements. La Protection civile, elle, fait défaut dans 20 des 32 communes que compte la wilaya, d’où les retards constatés régulièrement en matière d’intervention, notamment au niveau des localités enclavées. 

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