Boukadoum s’exprime sur le conflit libyen : «Les canons ne peuvent être une solution à la crise»


Tout comme Alger, Moscou appelle à un cessez-le-feu immédiat et à la suspension de tous les combats en Libye pour pouvoir lancer un dialogue national politique inclusif de sortie de crise.

Le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum, a affirmé, hier à Moscou, que «les chars et les canons ne pouvaient être une solution à la crise libyenne» qui doit «plutôt être réglée par le dialogue et le retour à la table des négociations».

Il a fait savoir en outre lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, que l’Algérie et la Russie ont convenu de renforcer leurs concertations sur ce dossier.

Sergueï Lavrov a pour sa part appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la suspension de tous les combats en Libye pour pouvoir lancer un dialogue national politique inclusif de sortie de crise.

«Nous avons mis l’accent, lors de nos contacts avec l’ensemble des parties libyennes, les pays voisins de la Libye ainsi que les autres pays et acteurs internationaux, sur la nécessité d’un cessez-le-feu et d’une suspension de tous les combats comme première étape avant de relancer l’action de la commission mixte 5+5 et d’engager le dialogue politique national inclusif avec la participation de toutes les régions libyennes», a-t-il fait savoir.

M. Lavrov a souligné que «ce processus a pour objectif de rétablir la souveraineté de la Libye et de recouvrer l’unité et l’intégrité des territoires libyens», réitérant l’engagement de la Russie et de l’Algérie à la mise en œuvre des conclusions de la conférence de Berlin approuvées par le Conseil de sécurité, réfutant existence d’une feuille de route algéro-russe pour le règlement de la crise libyenne.

Les déclarations des MAE algérien et russe interviennent deux jours après la décision du Parlement égyptien d’approuver une motion autorisant une intervention militaire dans la Libye voisine, un mois après que le président égyptien, Abdelfattah Al Sissi, ait menacé d’intervenir militairement dans les régions de Syrte et d’Al Jofra.

La décision du Caire a été rejetée dans la globalité et dans le détail par le parlement libyen de Tripoli. «Nous exprimons notre rejet formel de la décision du Parlement égyptien, basée sur un appel illégal de ceux qui se font passer pour le parlement (faisant référence au parlement de Tobrouk) et de ceux qui prétendent les représenter auprès des tribus libyennes», a déclaré le parlement libyen dans un communiqué. Il appelé «la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à condamner la menace (du Parlement égyptien)».

«Nous appelons le gouvernement (d’Al Sarraj) à être pleinement préparé à répondre à cette menace, tant sur le plan politique que sur le terrain, et à considérer toutes les options disponibles pour une réponse appropriée», poursuit le parlement libyen qui précise que «la Libye ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale égyptienne, pour que le Parlement égyptien menace d’une intervention militaire».

Pour le ministre de l’Intérieur libyen, Fathi Bachagha, «en approuvant le déploiement de troupes en dehors de ses frontières occidentales, le Parlement égyptien déclare la guerre à la Libye et viole les chartes de la Ligue arabe et de l’ONU». «Les forces étrangères (qui seront) déployées sur le territoire libyen sont des forces ennemies.

Nous n’hésiterons pas à défendre la souveraineté, la sécurité et la liberté de notre nation», a ajouté M. Bachagha dans un tweet qu’il ensuite retiré.

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