Bouira : «Libérez nos détenus et libérez la justice !»


La mobilisation pour la libération des détenus ne faiblit pas. Trois personnes originaires de la commune de Haïzer, dans la wilaya de Bouira, sont incarcérées depuis le 23 juin dernier à la prison d’El Harrach pour avoir porté et brandi l’étendard berbère.

EIles sont poursuivies pour deux chefs d’accusation, «port d’un emblème autre que le drapeau national et atteinte à l’unité nationale». Il s’agit de Lakhal Ali, Okbi Akli et Karoun Hamza. Ils ont été interpellés par les services de sécurité à l’occasion de la marche populaire du 18e vendredi à Alger. La chambre d’accusation de la cour d’Alger avait confirmé la semaine passée le mandat de dépôt émis à leur encontre par le juge instructeur près le tribunal de Bab El Oued.

La population locale a initié plusieurs actions de protestation dénonçant le nouveau mode opératoire répressif à l’encontre des manifestants pacifiques. Hier, ils étaient des centaines de citoyens à marcher dans les rues de la ville de Haïzer appelant à la libération des détenus et à l’annulation de toutes les poursuites judiciaires engagées à l’encontre des détenus d’opinion. «Libérez les trois détenus de Haïzer. Libérez la justice».

«Pour une justice indépendante», «Non à une justice de téléphone», «Liberté inconditionnelle des détenus», lit-on sur les banderoles brandies par la foule qui a sillonné les rues du chef-lieu communal, depuis la place publique au siège de la daïra où une prise de parole a été improvisée. Les intervenants ont, chacun à sa manière, condamné ces arrestations et incarcérations arbitraires.

Chabane Meziane, élu RCD à l’APW de Bouira, a dénoncé et d’une manière forte «la machine répressive» mise en place par les tenants du pouvoir. «Nous avons en face un pouvoir militaire», a-t-il déclaré en ajoutant que le pays vit une crise politique sévère et est plongé dans un vide constitutionnel. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et à l’égard du premier militaire du pays, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah.

«Pouvoir assassin !». «Ulac Smah Ulac !», ou «Gaïd Salah dégage !» En plus de ces slogans scandés à tue-tête, la foule a revendiqué aussi «la primauté du civil sur le militaire» en criant «Dawla madania machi aâskariya !» (Etat civil et non militaire), répliquant ainsi aux dernières «mises en garde» de l’homme incarnant le pouvoir, qui a qualifié de «traîtres» les manifestants qui scandent «Etat civil et non militaire !».

Par ailleurs, la ville de Haïzer a été paralysée durant toute la journée d’hier par une grève générale observée par les commerçants qui ont décidé de baisser leurs rideaux en signe de solidarité et de soutien à l’initiative de la société civile. Les transporteurs assurant les différentes liaisons ont également rallié le mot d’ordre de la grève, tout en appelant à la libération de tous le détenus d’opinion. 

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