Bouira : Les manifestants dénoncent les tentatives de division


Le peuple algérien a tordu le cou à toutes les velléités régionalistes. Malgré la chaleur qui n’incitait pas vraiment à sortir, des milliers de citoyens ont investi, hier, avant même la fin de la prière de vendredi, les rues de la ville de Bouira, pour exiger le départ inconditionnel du système et aussi dénoncer les arrestations, opérées par les agents de police, de porteurs de drapeaux amazighs.

Munis de pancartes sur lesquelles sont portés des slogans hostiles aux symboles du régime, les manifestants ont déployé en force l’étendard berbère. «Ni Gaïd Salah ni personne d’autre ne pourra nous priver de notre emblème qui fait partie de notre identité», dit avec fierté une manifestante, la soixantaine passée. «Ne pas toucher à l’emblème de mon identité», «Transition démocratique sans les militaires», «Gaïd stop. L’unité du peuple est une ligne rouge. Libérez l’Algérie. Après 19 vendredis de marche : peuple algérien sois compréhensif, tu sais mon peuple, chez nous, il y a des choses qu’on ne dit pas !» «Non au régionalisme, Kabyle, Arabe, Mzabi, khawa khawa. Non à la division», lit-on sur les pancartes brandies par la foule. Gaïd Salah en a également eu pour son grade. Les marcheurs ont scandé «Qui vivra verra, Gaïd Salah à El Harrach !» «Gaïd Salah dégage !»

Encore des interpellations

Les arrestations opérées par les services de sécurité à l’encontre des manifestants qui ont brandi des drapeaux amazighs ont fait aussi réagir les protestataires qui ont appelé à la libération de tous les détenus. Plusieurs manifestants ont été, selon nos sources, interpellés par des policiers zélés, pour avoir brandi le drapeau amazigh. «Je veux un juge mains libres» «Libérez les détenus d’opinions», lit-on encore sur une bannière exhibée par un manifestant. Arrivés devant les deux sièges des deux partis au pouvoir, le RND et le FLN, la foule a scandé des slogans appelant à la dissolution de ces deux formations politiques. «FLN les traîtres. RND, FLN à la poubelle».

Les marcheurs n’ont pas oublié le Rebelle, Matoub Lounès, assassiné il y a 21 ans, en scandant «Ya Matoub, Mazalagh dh’Imazighen» «Matoub, nous demeurons toujours des Amazighs», en enchaînant avec les slogans traditionnel «Pouvoir assassin». A noter qu’un dispositif spécial des forces de sécurité a été déployé à travers les quartiers de la ville de Bouira. Un jeune portant un maillot de la JSK a été interpellé en début de soirée de jeudi dernier, au niveau du carrefour de Haizer, ont témoigné des citoyens de cette ville, qui ont ajouté que la personne arrêtée a été libérée.

Post Views: 0