Béjaïa : La mobilisation s’amplifie


La wilaya de Béjaïa se conjuguera aujourd’hui au temps de l’ultime mobilisation contre l’élection présidentielle.

Des appels à des marches et des rassemblements sont lancés dans plusieurs communes pour continuer à manifester tout en veillant à préserver le caractère pacifique du mouvement populaire. La pression est maintenue jusqu’à l’ultime minute, avec l’espoir de voir le rendez-vous électoral annulé.

Le PAD a appelé à un rassemblement devant le siège de la wilaya «pour exiger l’annulation pure et simple de cette élection». Un peu partout dans la wilaya, les citoyens se sont donné rendez-vous pour se rassembler, aujourd’hui aussi, devant les sièges de daïra, bien que la majorité soit murée, et devant les éventuels centres de vote, que l’administration n’a, officiellement, pas réquisitionnés. Au chef-lieu de la wilaya, les actions qui agitent la rue quotidiennement ont amené, avant-hier, à fermer, par soudure, plusieurs centres de vote, à l’exemple de l’important lycée El Hammadia, qui prend, d’habitude, en charge des centaines d’inscrits.

Le lycée Stambouli, au quartier de Taassast, ainsi que l’école qui lui est mitoyenne, et celles de Tizi et de Russel ont subi le même sort. Même scénario dans la périphérie de Béjaïa : Mellala, Ibourassen, Hellil, Ighil El Bordj… On a fait de même ailleurs, dans la wilaya : Beni Ksila, Tamridjt….

Les appels au pacifisme n’ont pas eu raison de l’angoisse des manifestants à se voir «doublés» par les organisateurs du vote, au risque de voir le même régime qu’ils décrient se régénérer à la faveur de cette élection. Ils l’ont crié hier lors d’une nouvelle marche qui a drainé du monde. Des milliers de personnes ont marché, comme la veille, jusqu’au bloc administratif où se trouve le siège fermé de l’Autorité nationale indépendante des élections. La manifestation a été ponctuée par l’installation d’un chapiteau à proximité de la place Saïd Mekbel et qui sera le siège d’une manifestation continue.

On a fait la même chose, la veille, à Kherrata, qui ne se démobilise pas à l’extrême est de la wilaya, où des citoyens ont aussi installé des chapiteaux sous lesquels ils campent. La mobilisation s’accentue ainsi en passant au rythme de sit-in permanents, sur fond d’une grève générale paralysante qui a cessé en fin de journée d’hier. Pour le PAD, «c’est une phase décisive et déterminante dans le processus révolutionnaire pour le rejet de l’élection présidentielle» d’aujourd’hui.

Dans la ville de Seddouk, au sud de la wilaya, des citoyens ont étalé des tapis devant le siège de la mairie où ils observent, depuis avant-hier, une grève de la faim de trois jours, pour accompagner la même action entamée par les détenus du mouvement à la prison d’El Harrach, dont quatre sont originaires de Seddouk.

Les manifestations de rue n’ont pas cessé, hier, dans les quatre coins de la wilaya. La tension qui monte à mesure qu’approche le jour J a fait sortir des milliers de citoyens dans une partie des 52 communes de la wilaya, tous unis autour du slogan «Oulach lvote !» (Pas de vote). Fixation extrême sur ce 12/12 dont le rejet fait consensus. On a marché à Tichy, Semaoun, Sidi Aïch, Seddouk, Akfadou, Akbou, Tazmalt… dans un calme que d’aucuns espèrent voir régner sur la journée exceptionnelle d’aujourd’hui.

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