Béjaïa : «Ce 1er novembre, on ira à la capitale !»


La marche hebdomadaire du mardi, animée habituellement par la communauté universitaire à Béjaïa, s’est vue renforcée, hier, par plusieurs acteurs syndicaux, des partis politiques, le mouvement associatif et l’appui inconditionnel de la société civile. Tous sont unis pour accompagner le mouvement citoyen enclenché le 22 février pour le changement radical du système.

Lors de la manifestation, la procession a connu au moins la participation de six syndicats et trois partis politiques, dont le PST, le PT et le RCD.Ce dernier marque son retour au groupe des Forces de l’alternative démocratique de Béjaïa, qui renferme également les syndicats autonomes et un nombre d’organisations associatives.

Ces organisations se sont mobilisées pour défendre et exiger plusieurs préalables et revendications communes, notamment, la libération immédiate et inconditionnelle des détenus d’opinion, une justice indépendante, le respect des libertés démocratiques individuelles et collectives et le rejet de la mascarade électorale du 12 décembre 2019 avant d’aller vers un processus constituant pour la sortie de crise.

C’est le cas de l’intersyndicale locale de l’éducation, qui enrôle le Cnapeste-Béjaïa, l’Unpef et le SNTE qui, «dans le prolongement de la mobilisation hebdomadaire du peuple algérien, ces syndicats, soucieux de renforcer la mobilisation populaire et de faire échec à la politique du fait accompli», se sont engagés aux côtés de ce mouvement chaque mardi. Dans le même contexte, le Satef-Béjaïa insiste sur la nécessité de l’unité des rangs des syndicats autonomes pour obtenir «une large coordination, même dans leurs divergences, pour que le monde ouvrier soit uni pour qu’on puisse frapper ensemble», pour faire de cette journée, «une journée de grève et de soutien à la révolution, celle des masses laborieuses».

Pour les Forces de l’alternative démocratique, «le combat des citoyens et des citoyennes, porté par toutes les couches de la société suite aux appels à la grève et à la marche, prouve une fois de plus la détermination à rompre avec le système putréfié qui a paupérisé la majorité du peuple algérien». Les FAD affirment que ce «combat national, pacifique et unitaire obéit à une orientation qui s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle République basée sur les libertés démocratiques».

Les étudiants et les travailleurs de l’université ont marché du campus Targua Ouzemmour vers la maison de la culture Taos Amrouche, où ils étaient attendus par la société civile et les travailleurs issus de différents syndicats et secteurs d’activités. «Libérez les otages !» scandent-ils devant le portail du campus au moment où, au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, les détenus d’opinion, Leftissi Messaoud, Djaber Aibeche, Bilal Bacha, Khaled Oudihat, Hamza Meharzi et Tahar Safi, accusés d’«atteinte à l’unité nationale» pour le port du drapeau amazigh, allaient à être jugés. Le même jour, à Bir Mourad Raïs, le moudjahid Lakhdar Bouregaâ et le militant Samir Benlarbi ont été présentés devant le juge.

Cette fois, le groupe d’étudiants indépendantistes, drapeaux flottants ont pu marcher sans qu’ils ne soient chahutés. Une fois la jonction entre étudiants, travailleurs et société civile faite, la procession s’est dirigée vers le palais de la justice de Béjaïa. Le long de l’itinéraire, les manifestants ont scandé des slogans en faveur d’un «Etat civil non militaire !» «Ils ont vendu le pays !» tonnaient-ils encore, allusion faite au très contesté avant-projet de loi sur les hydrocarbures.

Avant de se disperser, la foule s’est donné rendez-vous à Alger pour ce 1er novembre à travers un chant nouveau : «Awel nofambar, n rouhou l aâssima, n djibou listiklal !» (Le 1er novembre, on ira à la capitale pour libérer l’Algérie).

Post Views: 117