Bedoui rattrapé par l’affaire des préaffectations


Gestion du dossier du logement social à Constantine

En plein hirak 2019, lorsque la justice s’est mise à s’intéresser à certains dossiers de corruption, la même institution à Constantine a actionné son appareil.

En effet, le pôle judiciaire s’est penché sur certains dossiers d’investissement susceptible d’être «entachés d’irrégularités». Le nom de Noureddine Bedoui a été évoqué à cette époque.

Il a même été soutenu que le Premier ministre se serait déplacé en catimini à Constantine, le temps d’un week-end, pour s’entretenir avec des entrepreneurs et investisseurs, dont certains d’entre eux seraient dans le collimateur de la justice.

Ce qui a ouvert la porte aux extrapolations de la vox populi qui, via les réseaux sociaux, laisserait ainsi entendre que l’ancien magistrat de la capitale de l’Est pourrait être inquiété. Info ou intox, personne n’a pu confirmer le déplacement en question.

N’empêche que l’ex-wali de Constantine avait été entendu, lundi, par les éléments de la police judiciaire de Constantine dans des affaires présumées de corruption, selon des sources concordantes. Dont celle du logement social, une bombe à retardement où les répercussions sont toujours pressenties.

L’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales aurait été interrogé sur l’attribution «sur papier» de centaines de logements sociaux. Des préaffectations dont certains bénéficiaires attendent toujours d’être logés. Durant ces années à la tête de Constantine, Bedoui a donné la priorité à la résorption de l’habitat précaire.

Des dizaines de bidonvilles ont été démolis et leurs occupants installés aux nouvelles villes Ali Mendjeli , pour la plus part et Massinissa. Les milliers de demandeurs de logements sociaux ont été relégués au second plan. Ceux qui ont bénéficié des «préaffectations» ont perdu tout espoir d’être relogés.

Bedoui a quitté Constantine pour le ministère de la Formation professionnelle sans avoir réglé cet épineux problème, un cadeau empoisonné qu’il léguera à ses successeurs. Cette affaire finira par être démêlée, puisqu’elle intéresserait la justice, à l’instar de certaines attributions au profit d’entrepreneurs et investisseurs.

Il serait question aussi de poches foncières attribuées pour la réalisation notamment de logements promotionnels. Un segment d’habitat qui s’est très développé en cette période.

Bedoui aurait été, en outre, entendu sur des avantages octroyés à des parlementaires des deux Chambres, se traduisant par des parcelles de terrain dans la nouvelle ville Ali Mendjeli, à El Khroub et sur les hauteurs de la ville à la cité Zouaghi Slimane.

Selon les mêmes sources, sa présence au siège de la police judiciaire aurait par ailleurs porté sur l’octroi des parcelles de terrain à des industriels sans respecter la procédure légale. Dans ce dossier, il n’a pas encore été révélé sous quelle qualité l’ex-Premier ministre a été auditionné. 

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