Beaucoup d’Algériens les ont évoqués à l’occasion de la fête de l’Aïd : L’hommage aux détenus du hirak


Les détenus du hirak n’ont pas été oubliés par les Algériens en cette fête de l’Aïd. Nombreux ont été ceux qui ont exprimé leur solidarité à eux et leurs familles, comme cela se fait d’ailleurs depuis plusieurs semaines lors des manifestations des mardis et vendredis. En prison depuis le mois de juin pour certains d’entre eux, ces détenus d’opinion sont toujours en attente de leur procès. La quasi-totalité ont été arrêtés pour port de l’étendard amazigh et sont donc poursuivis pour «atteinte à l’unité nationale».

Premier détenu du hirak, Hadj Ghermoul, de Mascara, qui a passé six mois en prison, (il a été libéré le 21 juillet dernier, car ayant purgé sa peine) pour avoir brandi, en janvier dernier, une pancarte sur laquelle était inscrit : «Non au 5mandat», a eu des mots très tendres pour la mère de la militante et élue APW du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Samira Messouci,  arrêtée le 28 juin dernier à Alger devant le siège de son parti. «Navré, mère de Samira, et les mamans de tous les détenus. Je connais fort bien votre souffrance par rapport à l’absence de vos enfants, un Aïd sans eux. Ma mère a vécu ça, comme beaucoup de mères de détenus. Solidaire avec vous tous, et liberté pour les détenus politiques et d’opinion», a-t-il écrit sur sa page Facebook. Hadj Ghermoul n’est pas, bien évidemment, le seul à s’être rappelé des prisonniers politiques. «A l’occasion de l’Aïd, nos pensées vont vers nos chers détenus d’opinion qui ont tant sacrifié pour que nous puissions vivre en liberté, parmi eux Hillel Yahiaoui, du village Iguer Guindouz, commune de Feraoun. Il a participé à toutes les marches, incarcéré à la prison d’El Harrach après son arrestation lors d’une marche à la capitale sous prétexte qu’il a porté le drapeau identitaire amazigh. Soutien à lui et à sa famille», a écrit un citoyen proche de Yahiaoui. Le moudjahid Lakhdar Bouregaâ a reçu, pour sa part, des hommages particuliers en cet Aïd. Beaucoup de citoyens ont tenu à partager sa photo et à réclamer sa libération.

Du haut de ses 86 ans, il avait été arrêté le 29 juin dernier. Poursuivi pour les chefs d’inculpation d’«outrage à corps constitué» et «atteinte au moral de l’armée», Lakhdar Bouregaâ est à la prison d’El Harrach depuis le 30 du même mois. Des organisations ont aussi présenté leurs vœux et exprimé leur solidarité aux détenus et à leurs proches. «A l’occasion de la fête de l’Aïd, le RAJ souhaite au peuple algérien et à tous les musulmans une bonne fête de l’Aïd. Sans oublier une forte pensée à tous les détenus d’opinion, victimes de l’injustice, qui ont passé l’Aïd en prison, loin de leurs familles», a indiqué dans un message Abdelouahab Fersaoui. «Saha Aidkoum à tous et à toutes, pensée particulière aux détenus du mouvement et à leurs familles, séparés en ce jour de fête», a posté quant à lui Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). Ils sont des dizaines à croupir dans les prisons depuis le mois de juin dernier pour le motif d’avoir porté le drapeau amazigh. La majorité d’entre eux n’ont pas encore été jugés.

Plusieurs collectifs d’avocats et de défenseurs des droits de l’homme se sont constitués pour les défendre. Le 28 juillet dernier, deux détenus, Salim Ihaddadene et Aït Yahia Ali Smaïl, ont été condamnés à Chlef à deux mois de prison avec sursis. Ils ont cependant été libérés. Jeudi dernier, le tribunal de Annaba a prononcé la relaxe pour Nadir Fetissi, arrêté pour les mêmes raisons. Il a même été décidé de lui restituer les drapeaux saisis. Tous les autres détenus d’opinion sont en attente de leur procès.

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