Baya Haddad : la peintre qui a révolutionné l’art algérien

Née en 1931, Baya de son vrai nom Fatma Haddad est une peintre algérienne qui a vécu pendant la période coloniale. Alors qu’elle avait juste 16 ans, la jeune fille orpheline a fait son ascendance artistique par l’encouragement de son entourage. Notamment, sa grand-mère et Marguerite Caminat. Pour rappel, cette dernière est la sœur de la propriétaire pour laquelle travaillent Baya et sa grand-mère. 

En effet, après la mort des parents de l’artiste algérienne, la grand-mère de Fatma Haddad a ramené avec elle les deux enfants de sa fille décédée. Ils s’installent ainsi à la maison de leur oncle. De ce fait, notre protagoniste travaillait durement dans les fermes maraîchères des colons des environs. 

Cependant, la jeune ouvrière a vu son destin basculer d’un coup. Elle qui a eu la grande occasion de sa vie en côtoyant la famille Farges. Effectivement, le talent de Baya a attiré l’attention de Marguerite Caminat, qui était elle aussi artiste. Après l’accord de sa grand-mère, Marguerite prend Baya chez elle à Alger pour rendre des services dans un appartement en 1943. 

Et c’est ainsi que la jeune algérienne est passée du stade du dessin d’enfant au stade de peintre. Servante le matin, Baya s’adonne l’après-midi à l’art : elle réalise des personnages et des animaux à l’argile et des gouaches. Loin de l’orientalisme qui régnait à cette époque, Baya a su se différencier en affirmant son identité arabe et kabyle. Chose qui a émerveillé Aimé Maeght. Celui-ci lui a organisé en 1947 une grande exposition qui a eu un succès retentissant. 

Baya a révolutionné l’art algérien 

 » Moi je peins, à vous maintenant de ressentir  » ! En fait, Baya a toujours rejeté l’idée d’exprimer quelque chose à travers son art. Bien que ses réalisations représentent souvent sa mère, l’artiste a laissé la liberté de choix à ses admirateurs pour déterminer ce qu’elle veut exprimer. Effectivement, le succès de sa première exposition en 1947, lui a ouvert plusieurs portes. 

Baya obtient de ce fait un atelier à côté de celui de Picasso. D’ailleurs, il venait même regarder les créations de la talentueuse algérienne. En 1953, Baya revient en Algérie et épouse un musicien de 30 ans son aîné. Pendant une décennie Fatma Haddad s’est consacrée à sa vie de famille après avoir eu 6 enfants. 

Après l’indépendance Baya a décidé de faire son grand retour au milieu artistique, influencée aussi par l’effervescence culturelle qu’a connue l’Algérie. En 1963, la maman des 6 ans enfants a pris part à la grande exposition organisée par le musée national des beaux-arts. Heureuse de faire son retour, Baya n’a pas arrêté de peindre et de sculpter jusqu’à sa mort en 1998.