Baisse de 20% des prix des produits agricoles


Crise sanitaire et disponibilité des fruits et légumes

La baisse s’explique surtout par la réduction de la demande due à la crise sanitaire (fermeture des commerces et crise financière ayant affecté les ménages).

Après une accalmie constatée durant tout le mois de Ramadhan, une hausse des prix des produits agricoles  est signalée ces derniers jours. L’augmentation a touché particulièrement les produits carnés, tels que la volaille, et certains fruits et légumes. «Il y a eu une augmentation les trois premiers jours du mois de Ramadhan induite par une forte demande. Il y a aussi une hausse ces trois derniers jours à cause du manque de main-d’œuvre agricole.

Les récoltes n’ont pas pu se faire convenablement, les travailleurs ont préféré rentrer chez eux à cause des rumeurs sur le confinement général qui devait intervenir les jours de l’Aïd. Mais les prix étaient abordables durant tout le mois.

La production sera encore plus importante, avec les produits, comme le pastèque, qui arrivent des différentes régions du pays», se réjouit Si El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA). Boulenouar estime que malgré les deux hausses du début et de la fin du mois de jeûne, les prix des produits agricoles sont restés «plutôt bas» par rapport au mois de Ramadhan de l’année dernière : moins 20%.

Cette baisse s’explique surtout par la réduction de la demande due à la crise sanitaire (fermeture des commerces et crise financière ayant affecté les ménages). «Les cantines scolaires, les restaurants, les hôtels ont fermé pour cause de pandémie de coronavirus. D’où, comme l’a constaté notre commission de suivi des prix, il y a eu plus d’offres», constate Boulenouar.

«Contre les prix administrés»

Toutefois, les hausses ont touché les viandes : les prix de la volaille s’étaient envolés, atteignant dans certaines wilayas 350 DA/kg. Pour Boulenouar, les mesures annoncées par Rezig n’ont pas pu être réalisées en raison de la désorganisation des circuits de consommation en ces temps de crise sanitaire : les marchés de bétail ont fermé et le transport a été bloqué entre les wilayas.

«Les prix ont baissé sous 200 DA/kg, dans certaines wilayas, le poulet a été cédé à 170 DA. Les producteurs ont subi des pertes importantes. Ils ont alors décidé de baisser leur production, d’où la hausse de ces derniers jours», estime-t-il.

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a appelé, lundi lors d’une visite de travail à Sétif, à «conjuguer les efforts» de tous pour lutter contre toute forme de spéculation des prix des produits de consommation.

Les efforts en cours pour l’«encadrement et l’organisation» du marché visent à permettre aussi bien au consommateur qu’au commerçant et au fellah de trouver son compte, a-t-il assuré. Rezig a mis l’accent sur l’impérative «moralisation» de l’activité commerciale.

S’exprimant sur l’idée proposée d’administrer les prix et de plafonner la marge bénéficiaire des commerçants, le président de l’ANCA a estimé que le secteur doit obéir à la seule loi de l’offre et de la demande.

«Les producteurs refusent toute forme d’administration des prix. Et quand ils ont des appréhensions, ils baissent leur production. Tout cela profitera aux spéculateurs. Il s’agit d’éradiquer l’informel pour permettre aux commerçants légaux de travailler dans le respect de la loi», souligne Boulenouar. 

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